Le tueur d'Orlando a dit soutenir des groupes islamistes variés

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    par Letitia Stein et Jarrett Renshaw 
    WASHINGTON, 14 juin (Reuters) - L'auteur de l'attaque qui a 
coûté la vie à 49 personnes dans une discothèque homosexuelle 
d'Orlando en Floride avait exprimé sa sympathie pour une variété 
de groupes djihadistes, dont certains sont ennemis entre eux, a 
déclaré lundi le FBI, qui décrit l'auteur de la tuerie la plus 
meurtrière de l'histoire des Etats-Unis comme un "loup 
solitaire". 
    Les autorités américaines affirment n'avoir trouvé aucun 
lien direct entre l'organisation Etat islamique (EI) et Omar 
Mateen, citoyen américain de 29 ans né à New York de parents 
afghans. 
    Tué par la police à l'issue d'un siège de trois heures dans 
une boîte de nuit gay du centre d'Orlando, le Pulse, Omar Mateen 
a prêté allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al Baghdadi, lors 
d'appels au numéro d'urgence 911. 
    Le directeur de la police fédérale américaine, James Comey, 
a précisé que l'auteur de l'attaque s'était montré favorable à 
des organisations et des personnalités islamistes très variées, 
ce qui "ajoute un peu plus de confusion quant à ses 
motivations". Le président américain Barack Obama a dit qu'Omar 
Mateen s'était en toute probabilité radicalisé aux Etats-Unis. 
    "Jusqu'à présent, nous ne voyons aucun signe qu'il 
s'agissait d'une opération dirigée depuis l'extérieur des 
Etats-Unis et nous ne voyons aucun signe qu'il faisait partie 
d'un réseau", a dit James Comey à la presse à Washington. "Nous 
sommes fortement convaincus que ce tueur s'est radicalisé au 
moins en grande partie sur internet." 
    L'EI a revendiqué à nouveau la tuerie lundi, mais n'a 
apporté aucun signe de coordination avec son auteur. 
     
    DES INFLUENCES DIVERSES 
    Dans des appels téléphoniques aux autorités dimanche, Omar 
Mateen a dit soutenir les auteurs de l'attentat contre le 
marathon de Boston en 2013, les frères Djokar et Tamerlan 
Tsarnaev, d'origine tchétchène, ainsi qu'un résident de Floride 
devenu kamikaze pour les insurgés du Front al Nosra, en Syrie. 
    Lié à Al Qaïda, le Front al Nosra est pourtant opposé à l'EI 
dans le conflit syrien. 
    Les services de sécurité américains ont pris conscience de 
la menace présentée par Omar Mateen en 2013 en raison de 
commentaires violents rapportés par certains de ses collègues de 
travail. 
    D'après ces derniers, Omar Mateen a revendiqué des liens 
aussi bien avec Al Qaïda, organisation sunnite radicale, qu'avec 
le mouvement chiite libanais du Hezbollah. 
    L'antenne locale du FBI en Floride a surveillé pendant dix 
mois le suspect pour établir d'éventuels liens avec des 
organisations terroristes, a ajouté James Comey. Le FBI cherche 
à "comprendre quel rôle a pu jouer le sectarisme anti-gay" dans 
l'attaque, a-t-il poursuivi. 
     La tuerie d'Orlando est devenue lundi le sujet central de 
la campagne présidentielle aux Etats-Unis, cristallisant les 
divergences entre la candidate présumée des démocrates et le 
candidat probable des républicains en matière de sécurité 
nationale, ce dernier durcissant encore davantage sa position 
anti-musulmans.   
    Barack Obama doit se rendre à Orlando jeudi pour rencontrer 
les familles des victimes. 
    La tuerie d'Orlando fait suite au massacre de 14 personnes à 
San Bernardino, en Californie, l'année dernière et laisse 
présager que les attaques de djihadistes radicalisés sur le sol 
américain pourraient devenir un problème dans les années à 
venir. 
    Pour James Comey, cerner les loups solitaires comme Omar 
Mateen, revient à chercher "des aiguilles dans une botte de foin 
nationale". Déterminer les profils susceptibles de se 
radicaliser est également un enjeu clé. 
    Les autorités américaines cherchent des indices pour 
déterminer si Omar Mateen a agi seul, a dit le procureur de 
district Lee Bentley. Mais l'hypothèse d'un tueur solitaire est 
privilégiée par les responsables américains et aucune menace 
imminente n'a été identifiée. 
 
 (Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service français, 
édité par Bertrand Boucey) 
 
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