Le troisième kamikaze du Bataclan identifié grâce à sa mère

le , mis à jour à 12:53
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    * Un Français originaire d'un quartier de Strasbourg 
    * Il serait allé en Syrie fin 2013 avec son frère 
    * Sa mère a reçu un SMS annonçant sa mort 
 
 (Actualisé avec précisions avocate) 
    PARIS, 9 décembre (Reuters) - Un djihadiste français de 23 
ans parti en Syrie fin 2013 a été identifié comme étant le 
troisième kamikaze du Bataclan, où 90 personnes ont été tuées 
lors des attentats du 13 novembre, grâce à sa mère qui a reçu un 
message de Syrie, a-t-on appris mercredi de sources judiciaire 
et proches de l'enquête.  
    Foued Mohamed-Aggad faisait partie d'un groupe de jeunes 
radicalisés ayant quitté le quartier de la Meinau à Strasbourg 
(Bas-Rhin) en décembre 2013 pour rejoindre la Syrie, ont indiqué 
ces sources, confirmant une information du Parisien.     
    Sept de ces jeunes sont rentrés en France au printemps 2014 
et ont été interpellés et incarcérés en mai de la même année 
après une surveillance d'un mois des services de renseignements. 
    C'est la mère de Foued Mohamed-Aggad qui a permis de 
l'identifier après avoir reçu un SMS depuis la Syrie lui 
annonçant la mort de son fils, a dit l'avocate de la famille. 
    "Ce SMS lui indiquait que son fils était mort: 'il est mort 
le 13 novembre avec ses frères'. Elle a eu immédiatement une 
terreur, celle de penser qu'éventuellement il pouvait être un 
des kamikazes du Bataclan", a dit Me Françoise Cotta sur iTELE. 
    "C'est elle qui m'a contactée, qui m'a demandé d'informer le 
juge d'instruction et c'est elle qui a souhaité que des tests 
ADN soient réalisés", a-t-elle ajouté. 
    Françoise Cotta a souligné que le jeune homme était resté en 
contact avec sa mère et avec son frère, et qu'il leur avait 
annoncé avoir un projet kamikaze en Irak, d'où l'étonnement de 
sa famille de savoir qu'il est revenu en France.        
    "Il leur a toujours dit jusqu'aux derniers échanges il y a 
quelques mois qu'il ne reviendrait pas en France et qu'il 
repartirait en Irak. Son projet d'être kamikaze, c'était pour 
l'Irak", a-t-elle dit sur BFM TV. 
     
    LE FRÈRE DU KAMIKAZE DÉTENU EN FRANCE 
    Le frère aîné de Foued Mohamed Aggad, Karim, avec qui il 
s'est rendu en Syrie, est actuellement détenu en France, selon 
une source judiciaire.  
    Invité sur BFM TV-RMC, le Premier ministre Manuel Valls a 
confirmé que le troisième kamikaze avait été identifié par les 
enquêteurs mais n'a pas donné plus de détails. 
    "Le nom (du kamikaze-NDLR) a été donné mais il ne 
m'appartient pas de donner les éléments de l'enquête", a-t-il 
dit.  
    Les deux autres assaillants du Bataclan avaient eux été 
identifiés rapidement après les attentats revendiqués par l'Etat 
islamique.  
    Le premier, Ismaël Omar Mostefaï, était âgé de 29 ans. Né à 
Courcouronnes (Essonne), il avait été condamné à huit reprises 
entre 2004 et 2010 sans jamais être incarcéré. En 2010, il avait 
fait l'objet d'une fiche S pour radicalisation, mais il n'avait 
jamais été impliqué dans des filières djihadistes. 
    Le second, Samy Animour, était originaire de Drancy 
(Seine-Saint-Denis) et était âgé de 28 ans. Il avait été mis en 
examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs 
terroriste en lien avec un projet avorté de départ vers le 
Yémen. Il avait alors été placé sous contrôle judiciaire, mais 
il avait disparu à l'automne 2013, et a réussi à se rendre en 
Syrie. 
    Il faisait depuis le 29 octobre 2013 l'objet d'un mandat 
d'arrêt international - renouvelé le 20 octobre 2015 -, après 
avoir violé son contrôle judiciaire plus d'un mois auparavant. 
Il devait être jugé en janvier prochain à Paris.    
    Au total, les attentats du 13 novembre à Paris et 
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ont fait 130 morts et des 
centaines de blessés. Trois ans après les attentats de Toulouse 
et de Montauban commis par Mohammed Merah, les attaques du 13 
novembre ont ravivé le débat sur le suivi de personnes 
radicalisées.  
    Une source gouvernementale estimait fin novembre que 
l'accent devait "être sans doute remis sur du renseignement de 
proximité, sur tout ce qui permet de capter et de faire remonter 
des signaux faibles, notamment le début de radicalisations". 
 
 (Nicolas Bertin et Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey, édité 
par Yves Clarisse) 
 
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