Le trimestre de Goldman Sachs affecté par le trading obligataire

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LE TRADING OBLIGATAIRE PLOMBE LE RÉSULTAT DE GOLDMAN SACHS
LE TRADING OBLIGATAIRE PLOMBE LE RÉSULTAT DE GOLDMAN SACHS

par Anil D'Silva et Lauren Tara LaCapra

(Reuters) - Goldman Sachs a publié jeudi un bénéfice trimestriel en baisse de 21%, affecté par le recul des revenus de ses activités obligataires dans un contexte que le directeur général du groupe bancaire, Lloyd C. Blankfein, a qualifié d'"assez difficile".

Le bénéfice net de la cinquième banque américaine par les actifs a reculé à 2,25 milliards de dollars (1,65 milliard d'euros), soit 4,60 dollars par action, contre 2,83 milliards, soit 5,60 dollars/action, sur les trois derniers mois de 2012.

Les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice par action de 4,22 dollars selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

L'action Goldman Sachs perdait 1,57% à 175,94 dollars à Wall Street à 16h51.

La banque a souffert ces derniers mois de sa dépendance marquée vis-à-vis du marché obligataire, qui constitue depuis longtemps l'une de ses principales sources de profits.

Or, le marché obligataire a commencé à faiblir au quatrième trimestre de l'an dernier, la perspective d'une hausse prochaine des taux d'intérêt affectant les activités de trading, d'émissions et d'investissement des banques de Wall Street.

Les revenus de Goldman tirés des transactions réalisées pour le compte de ses clients dans ses activités obligataires, de changes et de matières premières (FICC) ont ainsi chuté de 15% au quatrième trimestre, à 1,72 milliard de dollars.

L'OBLIGATAIRE RAMENÉ À 25% DU PNB

Les recettes tirées des émissions obligataires ont reculé de 14% à 511 millions et ceux générés par les activités de crédit et d'investissement en compte propre de la banque sur les marchés de la dette ont diminué de 13% à 423 millions.

Les activités FICC, les plus rentables du groupe pendant la décennie qui a précédé la crise financière, ont aussi souffert du durcissement de la réglementation.

Alors que Goldman Sachs reste un acteur majeur sur les marchés obligataires, la part de ces activités dans le produit net total a été ramenée de 48% au plus haut en 2009 à 25,3% en 2013.

Le directeur financier du groupe, Harvey Schwartz, a toutefois semblé optimiste jeudi sur les perspectives à long terme.

"Au final, 2013 peut se résumer pour le monde à deux pas en avant suivis d'un pas en arrière, une dynamique qui se reflète à la fois dans l'évolution des cours sur les marchés et dans l'activité des clients", a-t-il expliqué au cours d'une téléconférence avec des analystes.

"Pour résumer, si on ne peut pas dire que les deux dernières années ont bénéficié d'un climat cyclique normal (...), il ne faut pas perdre de vue le fait que la tendance à long terme s'améliore lentement et régulièrement."

REVENU MOINS DÉGRADÉ SUR LES ACTIONS

Au total, le produit net bancaire du groupe de Wall Street a baissé de 5% sur un an à 8,78 milliards de dollars.

La masse salariale a au contraire augmenté de 11% à 2,19 milliards sur le trimestre, la période durant laquelle toutes les banques de Wall Street distribuent leurs bonus.

Sur l'année 2013, salaires et bonus ont toutefois baissé de 3% à 12,61 milliards. Goldman a distribué à ses salariés 36,9% de ses revenus en 2013, le ratio le plus bas depuis 2009.

Le rendement des fonds propres de la banque ressort à 11%, un niveau supérieur au seuil de 10% considéré par les analystes comme nécessaire pour couvrir le coût du capital, mais bien loin de celui de 30% qu'affichait naguère la banque.

Les revenus tirés des marchés actions affichent des résultats moins dégradés que la branche FICC: si les revenus des transactions sur actions effectuées pour les clients ont baissé de 22% à 598 millions de dollars, ceux générés par les émissions ont doublé à 622 millions, grâce notamment à la hausse de Wall Street et au regain d'activité du marché des introductions.

Le revenu tiré des activités de conseil pour des fusions et acquisitions a augmenté de 15% à 585 millions de dollars au quatrième trimestre. Globalement, l'activité de M&A a reculé en 2013 mais elle marque un rebond depuis quelques semaines.

Anil D'Silva à Bangalore et Lauren Tara LaCapra à New York, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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