Le trimestre de Boeing meilleur qu'attendu malgré le 787

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BOEING CONFIRME SES PRÉVISIONS POUR L?ANNÉE
BOEING CONFIRME SES PRÉVISIONS POUR L?ANNÉE

par Alwyn Scott

NEW YORK (Reuters) - Boeing a annoncé mercredi une hausse de près de 20% de son bénéfice au premier trimestre, nettement supérieure aux attentes et apparemment peu affectée par les difficultés du 787 "Dreamliner", une performance saluée par une hausse de 3,2% du titre en avant-Bourse.

Le groupe aéronautique américain a confirmé ses prévisions de ventes et de résultats financiers pour l'ensemble de cette année, rassurant ainsi les investisseurs sur son calendrier de livraisons, Dreamliner inclus.

Il n'a cependant pas précisé le coût du dossier 787, contrairement à ce qu'espéraient certains analystes.

L'ensemble des Dreamliner en exploitation dans le monde sont immobilisés depuis janvier après des problèmes de surchauffe de batteries sur deux exemplaires du dernier né de la gamme Boeing, dont les livraisons sont interrompues.

La Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur de l'aviation civile aux Etats-Unis, a approuvé vendredi dernier les modifications préconisées par Boeing aux compagnies aériennes, ce qui devrait permettre une reprise prochaine des vols comme des livraisons de Dreamliner.

Le PDG Jim McNerney a de fait déclaré que les livraisons du 787 reprendraient vraisemblablement début mai et que les travaux de rééquipement des Dreamliner déjà en service serait pour l'essentiel achevés d'ici la mi-mai.

Selon deux sources du secteur, Ethiopian Airlines pourrait être la première compagnie à reprendre l'exploitation de l'appareil, lors d'un vol pour le Kenya voisin samedi.

Le vice-président de Boeing chargé du marketing, Randy Tinseth, présent à Addis Abeba mercredi, a déclaré que Boeing tiendrait son objectif de plus de 60 livraisons de 787 cette année.

Au premier trimestre, Boeing a réalisé un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars (846 millions d'euros), soit 1,44 dollar par action, contre 923 millions (1,22 dollar/action) un an plus tôt, soit une hausse de 19%.

LE TITRE MONTE

Son bénéfice courant, qui exclut certaines charges de financement des retraites, a atteint 1,73 dollar par action. Sur cette base, les analystes financiers prévoyaient en moyenne un bénéfice par action de 1,49 dollar selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Le chiffre d'affaires, lui, a reculé de 2,5% par rapport à janvier-mars 2012, à 18,9 milliards de dollars, une baisse due principalement à l'interruption des livraisons du Dreamliner.

Les analystes ne s'attendent pas à ce que le coût global du dossier Dreamliner soit important comparé aux 20 milliards de dollars de coûts de développement et aux 120 milliards investis dans la première phase de production. Le cycle de vie du 787 est censé durer une cinquantaine d'années.

Et quel qu'il soit, ce coût est déjà largement intégré dans les cours, notent-ils.

En Bourse, l'action Boeing a gagné 18,6% depuis l'arrêt forcé des vols du Dreamliner, le 16 janvier. Mercredi, le titre prenait 3,5% vers 14h30 GMT, à 91,30 dollars.

Plus qu'à l'impact ponctuel du dossier 787, les analystes sont attentifs à la capacité de la division d'aviation civile de Boeing à générer, en livrant des avions, des liquidités susceptibles de financer le paiement de dividendes, des rachats d'actions ou des investissements dans de nouveaux programmes.

Les liquidités du groupe ont fondu de deux milliards de dollars au premier trimestre, moins qu'attendu par certains analystes. Et la confiance affichée par Boeing dans sa capacité à reprendre rapidement les livraisons du 787 est de nature à rassurer.

"Le marché attendait sans doute avec appréhension de connaître le coût (du dossier Dreamliner) mais les performances du trimestre et la confirmation des prévisions apaisent ces craintes", a commenté Carter Leake, analyste spécialisé de BB&T Capital Markets.

Les livraisons d'avions civils sont restées stables par rapport au premier trimestre 2012 à 137 unités. Le chiffre d'affaires de la division civile a lui reculé de 2,2% à 10,69 milliards de dollars et la marge d'exploitation est passée de 9,9% à 11,4%, conséquence de l'arrêt de la production du Dreamliner, moins rentable car en début de cycle.

Les activités de défense, spatiales et de sécurité ont parallèlement vu leur chiffre d'affaires reculer de 1% sur un an à 8,1 milliards, mais leur bénéfice a progressé de 12% à 832 millions et leur marge a progressé à 10,3% contre 9%.

Alwyn Scott, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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