Le Trésor français reproche aux PMI de sous-estimer l'activité

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L'INDICE PMI MANUFACTURIER EN FRANCE
L'INDICE PMI MANUFACTURIER EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Le Trésor français a émis des doutes sur la pertinence des indices d'activité PMI diffusés par la société Markit pour la France, estimant qu'ils sont déconnectés de l'évolution de l'économie depuis la mi-2012.

Dans une note diffusée dans le cadre de la lettre mensuelle Trésor-Info, dont l'édition de mars a été publiée lundi, ses économistes soulignent que, depuis cette date, l'indice PMI "évolue continûment dans la zone correspondant à une contraction de l'activité" alors même que celle-ci, même faible, "affiche une certaine résistance".

Ils lui opposent les enquêtes mensuelles de conjoncture de l'Insee et de la Banque de France qui "restent actuellement performantes pour rendre compte des évolutions de la croissance".

Les enquêtes de conjoncture de Markit, dont les premières estimations sont publiées chaque mois avant les enquêtes de l'Insee et de la Banque de France, se fondent comme ces dernières sur les réponses d'un questionnaire adressé à un panel de chefs d'entreprise.

Disponibles pour les principales économies, elles sont très suivies par les économistes et les marchés, pour lesquels elles constituent un outil utile en termes de comparaisons internationales.

Mais selon les économistes du Trésor, les "meilleures performances" des enquêtes de l'Insee et de la Banque de France, au regard de l'évolution du PIB de la France, "pourraient être liées aux tailles respectives des panels d'entreprises interrogées", près de 10.000 pour l'Insee et la Banque de France, dix fois moins pour Markit.

CONTRACTION DE L'ACTIVITÉ

"Avec leur panel plus petit, les indices PMI pourraient peiner à rendre compte de l'hétérogénéité des secteurs", écrivent-ils, estimant notamment que, dans les services, "les enquêtes Insee pourraient mieux représenter la variété des activités du secteur".

Chris Williamson, chef économiste de Markit, a défendu le bien-fondé des indicateurs PMI, soulignant que la qualité des chefs d'entreprises du panel était plus importante que la quantité.

"Nous nous en tenons à nos enquêtes", a-t-il dit. Markit prend grand soin, selon lui, de calibrer la pondération des secteurs de l'économie et suit tout particulièrement l'évolution de soldes comme les effectifs du secteur privé.

"Les seuls chiffres qui peuvent paraître étonnants sont ceux du PIB, qui sont portés par les dépenses des administrations et peut-être aussi l'évolution des stocks", estime-t-il.

L'indice Markit composite, qui couvre à la fois les services et l'industrie manufacturière, indique une contraction de l'activité en France sur l'ensemble des deux dernières années, sauf pendant deux mois.

L'Insee a fait état sur la même période d'une légère croissance (0,4%) de l'économie française.

Toutefois, la consommation des administrations publiques, qui contribue pour 25% au PIB, a fait bien mieux que la croissance sur la période avec une hausse de près de 3% et ce bien que le gouvernement ait tenté de contenir ses dépenses, selon des calculs de Reuters.

(Leigh Thomas et Yann le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • M7361806 le mardi 4 mar 2014 à 21:26

    C'est le TRESOR QUI SOUS ESTIME LES CAPACITES CONTRIBUTIVES DES ENTREPRISES. cELA PERMETTRAIT DE MIEUX PAYER LES FONCTIONNAIRES