Le travail forcé serait répandu dans l'électronique en Malaisie

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par Trinna Leong KUALA LUMPUR, 17 septembre (Reuters) - Près d'un tiers des quelques 350.000 employés du secteur de l'électronique en Malaisie travaillent dans des conditions proches de l'esclavage, rapporte une étude financée par le département américain du Travail. L'enquête, effectuée par Verité, une ONG américaine spécialisée dans la défense des droits des travailleurs, a découvert que les abus étaient répandus dans ce secteur qui pèse 75 milliards de dollars et constitue l'un des piliers de l'économie malaisienne, très tournée vers l'exportation. L'industrie des biens électriques et électroniques a représenté le tiers des exportations du pays en 2013. Plusieurs multinationales américaines, européennes ou asiatiques comme Samsung Electronics 005930.KS , Advanced Micro Devices AMD.N , Intel INTC.O et Bosch Ltd BOSH.NS ont des activités en Malaisie. Des grandes marques s'appuient sur des sous-traitants comme Flextronics FLEX.UL , Venture Corporation VENM.SI , Jabil Circuit JBL.N ou JCY International JCYI.KL pour fabriquer des pièces pour smartphones, ordinateurs ou imprimantes. Le rapport de Verité pourrait étonner dans la mesure où la Malaisie est un pays jugé plus respectueux du droit du travail que certains de ses voisins comme la Chine. Mais l'ONG, qui ne cible pas une entreprise en particulier, dénonce un système dans lequel, grâce à une série d'amendements à la législation ces dernières années, les firmes de recrutement chargées de gérer la main d'oeuvre pour les multinationales se sont arrogé un contrôle excessif sur les employés qu'elles paient, logent et surveillent. L'étude se base sur des entretiens avec 501 employés, dont 28% sont considérés dans une situation de "travail forcé". L'employé se trouve alors contraint de travailler, souvent pour rembourser les dettes contractées auprès de ses recruteurs. La proportion est encore plus importante (32%) pour les travailleurs étrangers, originaires de pays comme le Népal, la Birmanie ou l'Indonésie. Ces chiffres se fondent sur une estimation prudente, car 73% des employés interrogés au total présentaient "certaines des caractéristiques" du travail forcé. Les personnes interrogées pour les besoins de l'étude disent avoir payé 2.985 ringgit en moyenne, soit environ 925 dollars, à des intermédiaires dans leur pays d'origine ou en Malaisie en échange de leur voyage et d'un travail. Cette somme est supérieure au revenu moyen annuel par habitant du Népal. Vérité relève aussi que les firmes de recrutement confisquent souvent les passeports des employés et réclament parfois plus de 1.000 dollars à ceux qui souhaiteraient leur "emprunter" le document. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)


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