Le traité européen fait encore débat chez les écologistes

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DES ÉCOLOGISTES INDÉCIS SUR LA RATIFICATION DU TRAITÉ BUDGÉTAIRE EUROPÉEN
DES ÉCOLOGISTES INDÉCIS SUR LA RATIFICATION DU TRAITÉ BUDGÉTAIRE EUROPÉEN

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Les membres du gouvernement se succèdent pour appeler les indécis d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la solidarité gouvernementale à un mois de la ratification du traité budgétaire européen par le parlement français.

Le traité, qui prévoit notamment une "règle d'or" interdisant les déficits publics, doit être débattu début octobre. Mais il divise les écologistes, fédéralistes revendiqués qui disent ne pas "se retrouver" dans ce texte.

Malgré une majorité absolue à l'Assemblée nationale, les socialistes craignent qu'un vote négatif de certains de ses alliés n'affaiblisse le gouvernement en illustrant un manque d'autorité du Premier ministre Jean-Marc Ayrault si ce camouflet n'est pas puni par la rupture de l'alliance PS-EELV.

Les écologistes ont deux ministres au gouvernement, Cécile Duflot au Logement et Pascal Canfin au Développement.

"Je n'imagine pas une minute que des formations politiques qui sont engagées dans la majorité (...) ne puissent pas avoir conscience du combat que nous menons, de ce qui a été engrangé et de ce qu'il reste à faire", a déclaré lundi au talk Orange/Le Figaro le ministre des Affaires européennes Bernard Cazeneuve.

"Je pense qu'il est du rôle du gouvernement de convaincre l'ensemble de sa majorité de faire corps pour que la France ne soit pas affaiblie dans ce combat que nous menons", a-t-il dit.

Interrogé sur BFM TV et RMC, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a enfoncé le clou.

"Je pense que la notion de solidarité l'emportera, en tous cas je l'espère", a-t-il dit.

Le spectre d'un vote négatif inquiète d'autant plus le gouvernement que certains élus de l'aile gauche du PS ont également pris position contre le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). La sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann a ainsi annoncé qu'elle voterait contre, et prédit qu'elle ne serait pas la seule socialiste dans ce cas.

EELV adoptera une position commune sur le traité européen lors de son conseil fédéral des 22 et 23 septembre prochains, mais certains élus écologistes ont d'ores et déjà annoncé qu'ils s'y opposeraient.

Pami eux figurent le sénateur Jean-Vincent Placé. Pour lui, un vote négatif n'affaiblirait pas François Hollande.

"Justement, par rapport à la majorité godillot qu'avait Nicolas Sarkozy, qui levait le bras le doigt sur la couture du pantalon, je crois que ce qui est important ce n'est pas de s'opposer, c'est bien de proposer", a déclaré lundi sur Europe 1 celui qui défend l'idée d'un "non fédéraliste argumenté".

RENCONTRE FG-EELV MARDI

À l'opposé, certaines figures du mouvement, comme l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, souhaitent que la formation assume sa place dans la majorité et soutienne le traité, pour ensuite peser sur l'orientation européenne du gouvernement.

"Nous avons, au sein de notre mouvement, du mal à débattre sereinement du traité européen", reconnaît lundi l'eurodéputé Yannick Jadot dans un entretien au Figaro.

"Certains responsables d'EELV estiment que le poids de la solidarité gouvernementale est lourd à porter et voient dans le refus de voter le traité le moyen de décompresser à bon compte", ajoute-t-il.

Les sujets de tiraillements entre socialistes et écologistes se multiplient en effet depuis quelques semaines. À tel point que Yannick Jadot a prévenu que le divorce entre les deux composantes de la majorité arriverait vite si le gouvernement prend le chemin du "conservatisme productiviste".

Face aux hésitations écologistes, le Front de gauche, qui a appelé à une manifestation nationale le 30 septembre pour exiger un référendum, a demandé à rencontrer une délégation d'EELV. Cette rencontre aura lieu mardi après-midi au local du Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon, a-t-on appris auprès du PG.

"Nous rencontrons tous ceux, associations, syndicats, politiques, qui sont susceptibles d'être contre le traité", explique Eric Coquerel, membre de la coordination nationale du Front de gauche. "On sait que les écologistes ont une réunion les 22 et 23 septembre, donc on voulait les voir avant. Leur décision n'est pas prise, et on sait que chez eux, le débat est très animé", ajoute-t-il.

Mais les écologistes soulignent que, pour eux, ce rendez-vous n'a pas vocation à déboucher sur une prise de position relative au traité européen.

"On n'a absolument aucun ordre du jour à ce rendez-vous", dit Pascal Durand, secrétaire national d'EELV, indiquant qu'il s'agit d'une simple rencontre de parti à parti. "Notre mouvement se prononcera sur la question du TSCG les 22 et 23 septembre prochains. Le débat, chez nous, il a commencé, et il se terminera au Conseil fédéral", ajoute-t-il.

Edité par Yves Clarisse

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