Le trading à haute fréquence en voie d'interdiction pour les banques

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(lerevenu.com) - Pierre Moscovici a évoqué le texte de la réforme bancaire prévu pour être présentée en conseil des ministres, le 19 décembre prochain. La projet prévoit notamment un renforcement du pouvoir du superviseur bancaire, en l'occurrence l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) et surtout l'obligation de «séparer les activités utiles à l'économie réelle des opérations spéculatives que les banques réalisent pour leur compte propre», a rappelé le ministre. 

Par conséquent, chaque banque devra créer une filiale dédiée aux activités de marchés qui ne sont pas directement consacrées au financement de l'économie : «Cette entité sera soumise à une séparation (du reste des activités de la banque) et à des exigences prudentielles sévères», a précisé Pierre Moscovici. Cette filiale «se verra, par ailleurs, interdire de mener certaines activités spéculatives, au premier rang desquelles la spéculation sur les dérivés de matières premières agricoles ou encore le trading à haute fréquence». 

Le trading à haute fréquence est une activité, pratiquée par des courtiers et des sociétés de gestion spécialisées, mais elle est aussi souvent logée dans des filiales de grandes banques, notamment françaises. Sur les marchés d'actions, cette technique d'arbitrage automatisée à l'aide d'algorithmes, consiste à profiter d'écarts de cours de Bourse infimes, à l'aide de millions d'ordres exécutés, ou souvent annulés. Ce type d'arbitrages ultra-rapides a été désigné comme responsable de plusieurs «flash-krach». Le plus spectaculaire a été l'effondrement du Dow Jones, à Wall Street, le 6 mai 2010, quand l'indice avait chuté de 1.000 points en quelques minutes, pour cause d'ordre erroné. 

Ces dernières années, plusieurs études conduites par des professeurs de finance ont cherché à prouver l'innocuité du trading à haute fréquence. Interrogé par Le Revenu, un responsable de la distribution de produits structurés d'une grande banque américaine établie à Genève conteste ce point de vue : «C'est une plaisanterie, le trading à haute fréquence n'apporte pas de la liquidité au marché, mais il en retire, bien au contraire. La meilleure preuve, c'est que parmi les nombreuses techniques utilisées, l'une est clairement désignée par l'appellation Agresser la liquidité.» En l'occurrence, la méthode employée consiste à tenter d'assécher la liquidité du marché d'un titre, pour observer jusqu'à quel point l'orientation de son cours de Bourse change de direction. 

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