Le tourisme pourrait pâtir des violences antiaméricaines

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Au salon touristique Top-Résa à Paris, les professionnels s'inquiètent de l'impact des manifestations contre le film anti-islam sur le niveau des réservations.

Déjà éprouvé par le printemps arabe, le secteur du tourisme craint les retombées sur son activité des violences anti-américaines dans le monde musulman. Au salon spécialisé Top-Résa, qui se déroule actuellement à Paris, les professionnels ont déploré les conséquences du film anti-islam diffusé sur YouTube et des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. «Le rejet ostensible d'une population ciblée, en l'occurrence américaine ou occidentale, peut être très impactant pour notre activité, même plus qu'un attentat», estime Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme.

S'il est encore trop tôt pour quantifier précisément l'impact de ces événements sur le chiffre d'affaires du secteur, Didier Arino s'attend à une clientèle attentiste dans les prochaines semaines, qui optera de préférence pour des destinations proches. «L'effet pourrait se faire sentir sur le volume de réservations des vacances de la Toussaint», estime-t-il.

L'Égypte pénalisée

Le Maroc et la Tunisie pourraient être touchés. En Égypte, les premiers incidents ont d'ores et déjà provoqué un quasi-blocage des réservations, s'alarment les professionnels. «Depuis huit jours, ça chute sur tous nos marchés, surtout du côté français», constate auprès de l'AFP Amr el-Azabi, le directeur des offices du tourisme égyptiens dans le monde. «Les Français sont particulièrement frileux, constate René-Marc Chikli, président du Ceto, l'association des tour-opérateurs. Alors que les réservations avaient repris, après le printemps arabe, du côté des clientèles allemande, anglaise et surtout russe, les Français restaient réticents à se rendre en Égypte». Ces trois destinations - le Maroc, la Tunisie et l'Égypte - sont pourtant traditionnellement les lieux de vacances préférés des Français.

Seul élément positif, la période n'est pas cruciale pour le secteur. «Les vacances de la Toussaint représentent un chiffre d'affaires marginal. Contrairement à l'été, les prochaines semaines ne génèrent habituellement que de petits volumes de réservation», précise Didier Arino. Le Ceto, de son côté, se félicitait jusqu'à présent d'une bonne arrière-saison, marquée par un phénomène de rattrapage, après une année 2011 plombée par le printemps arabe. L'organisme professionnel enregistrait au Maroc des réservations en progression de 80% par rapport à l'année dernière, de 25% en Tunisie. Ces destinations, qui ont proposé des prix cassés après les événements politiques de l'année dernière, «collent à la bourse des Français», constate René-Marc Chikli.

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  • zorbas le vendredi 21 sept 2012 à 09:47

    A toujours faire gaffe à l'eau pour finir avec une tourista en prime Sympa les vacances sur les chiotes

  • supersum le vendredi 21 sept 2012 à 09:38

    Normal, moi je reste chez moi ou j"economise pour aller dans des pays civilisés, pourquoi allez dans ces régions ? On ne s'y sent clairement pas à l'aise ni en sécurité, d'ailleurs la plupart reste dans leur hotel de luxe et font des visites organisés, si c'est pour faire ça , pas la peine

  • zorbas le vendredi 21 sept 2012 à 08:48

    Maroc Tunisie destinations pour fauchés