Le ton monte entre Manuel Valls et la famille d'Aurore Martin

le
7

PARIS (Reuters) - Le ton est monté d'un cran lundi entre le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls et les proches d'Aurore Martin, militante nationaliste basque française remise à la justice espagnole, concernant son arrestation.

Soupçonnée par l'Espagne de soutien à l'organisation armée ETA en raison de son appartenance au parti Batasuna, vu comme lié aux activistes, Aurore Martin a été remise à l'Espagne en vertu d'un mandat d'arrêt européen jeudi dernier après une arrestation lors d'un contrôle routier présenté comme fortuit.

Il ne s'agissait pas d'une extradition, où la décision politique est obligatoire, mais d'une procédure européenne où les magistrats des deux pays traitent directement.

Manuel Valls a donc nié tout rôle dans l'affaire. "J'ai été simplement informé de son arrestation après la prise en charge par la police judiciaire", dit-il dans un entretien au Parisien publié lundi. Il estime ne pas avoir à s'expliquer ou s'excuser car, dit-il, "dans nos sociétés, il n'y a pas de place pour des actes ou des discours de violence".

"Le fait que Batasuna ne soit pas interdit en France n'a aucune incidence sur l'application de la légalité européenne", ajoute Manuel Valls. Batasuna est légal en France mais interdit en Espagne.

La famille et les amis d'Aurore Martin, écrouée dans l'attente de son procès, a publié ensuite un communiqué où ils traitent le ministre de "menteur".

Son arrestation, disent-ils, a été programmée, n'était pas fortuite et a mis fin à une situation où Aurore Martin n'était pas inquiétée.

Ils en veulent pour preuves qu'elle a obtenu une carte grise à son nom pour sa voiture le 11 septembre, s'est fait établir une carte d'identité en mairie, a demandé à bénéficier de l'allocation RSA le 18 octobre et s'est inscrite à Pôle emploi en avril 2012.

"Nous ne croyons pas à un contrôle fortuit", écrivent-ils, disant penser à un accord avec l'Espagne.

"Nous en appelons à l'arbitrage de François Hollande qui, lors de la campagne présidentielle, avait parlé de clémence pour Aurore. Nous vous demandons de faire tout votre possible pour qu'Aurore revienne parmi nous et que la vérité sur les circonstances de son arrestation soit faite", dit le communiqué.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • knbskin le lundi 5 nov 2012 à 21:27

    Ah parce qu'en plus elle émargeait au RSA et à la CMU ? Si elle est innocente, je ne vois pas ce qu'elle a à craindre de la justice espagnole : il y a quelques décennies qu'on ne garrotte plus ! :)

  • jbellet le lundi 5 nov 2012 à 19:43

    bravo Mr Valls pas de clémence pour les terroristes pour ces laches

  • LeRaleur le lundi 5 nov 2012 à 19:34

    Elle était recherchée, elle a été alpaguée et remise à qui de droit. Point final.

  • janaliz le lundi 5 nov 2012 à 19:31

    Est-elle terroriste ou pas. Si non, on peut effectivement demander des comptes. Si oui, on en parle plus et la famille ira la voir en prison là où il est normal qu'elle soit. Quant à savoir si le contrôle est fortuit ou pas on en a rien à cirer.

  • M7136507 le lundi 5 nov 2012 à 19:28

    ELLE A PARFAITEMENT RAISON ELLE EST DANS SON DROIT

  • perkele le lundi 5 nov 2012 à 19:23

    Comment peut-on défendre une personne alors qu'un pays voisin et ami, un etat de droit plutôt démocratique avec une justice independante veut l'arreter ? Si elle est innocente, elle sera libre.

  • bordo le lundi 5 nov 2012 à 18:46

    Les terroristes au gnouf, afin qu'ils répondent de leurs actes devant la justice de pays démocratiques où existent une séparation des pouvoirs. Ces grands démocrates demandent simplement des passe-droits.