Le titre restaurant à puce peine à convaincre les restaurateurs

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Le titre restaurant en version dématérialisée devrait être disponible en avril. Pour le moment, la formule ne suscite pas l'enthousiasme des commerçants car les commissions qu'ils devront verser restent élevées.

Attendu depuis des mois, le titre restaurant en version dématérialisée semblait pouvoir promettre une plus grande facilité d'utilisation pour les consommateurs et des coûts de traitement plus limités pour les professionnels qui les acceptent. Alors que ces modalités se précisent actuellement, les gains sur ces deux tableaux ne sont pas encore évidents.

Avant le décret définitif encadrant ces nouvelles cartes prévu pour le 2 avril, l'avant-projet de décret paru fin décembre dernier laisse déjà apparaître ce que seront les grandes lignes. La carte ne devrait pas être utilisable les dimanches et jours fériés et le plafond quotidien de paiement sera fixé à 19 euros. Des restrictions qui visent à conserver l'esprit et la raison d'être du titre restaurant mais qui peuvent aller au-delà de quelques usages tolérés chez certains commerçants.

Jusqu'à 4,9% de commission

Et du côté des restaurateurs, on reste dubitatif pour l'instant. «Nous attendons de cette carte plus de praticité avec des délais d'encaissement plus courts et des commissions plus réduites, explique Didier Chenet, président du syndicat d'hôteliers et restaurateurs Synhorcat. Pour l'instant ça ne semble pas venir même si nous sommes conscients que les émetteurs ont besoin de temps pour faire évoluer leur modèle économique.» Sur les titres papier, les taux de commissions prélevés par les quatre principaux émetteurs (Edenred, Sodexo, Chèque Déjeuner et Natixis) varient de 0,68% à 4,9% selon le montant de titres remis et la rapidité de remboursement. Plus le montant est élevé et le remboursement lent, plus la commission est faible.

En marge de la présentation annuelle de ses résultats, l'inventeur de Ticket Restaurant et leader du marché, Edenred, a précisé sa politique commerciale pour sa future carte. Dans un premier temps, il ne proposera qu'une durée de remboursement courte, assortie d'une ristourne de 0,2%. Les commerces, minoritaires, qui se faisaient rembourser le montant de ces titres sur une période plus longue verront donc la note augmenter. Pour faire passer la pilule, quelques mois de gratuité leur seront proposés. Il faudra attendre la deuxième version de la carte, sans doute en 2015, pour accéder à des fonctionnalités élargies et des tarifs modulés selon la rapidité d'encaissement.

Cinq à sept ans pour le tout numérique

Du côté de Chèque-Déjeuner, on estime que la nouvelle carte pourra permettre les remboursements à différentes échéances dès avril. Au passage, un encaissement express dans la journée, impossible avec le papier sera proposé. Mais pour ce qui est des tarifs pour les commerçants, il faudra se contenter du gel des commissions proposées pour les cartes papier en 2013. Quant au nouveau venu, Moneo resto, il a recruté en 2013 de nouveaux clients en leur proposant une commission nulle jusqu'à fin décembre avant de passer cette année à une commission s'étalant de 0,5 à 2% pour les commerçants affiliés.

Pour les émetteurs de titres restaurants, le passage au tout numérique devrait prendre au moins cinq à sept ans et si, à terme, il doit permettre de rendre le service moins cher, il génère actuellement des frais supplémentaires avec la nécessité d'une double infrastructure papier et numérique. «Le numérique, ils y sont depuis longtemps dans de nombreux pays pour plusieurs d'entre eux, estime Didier Chenet, ils ne devraient plus avoir de surcoût aujourd'hui.»

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