Le titre EADS en forte baisse, incertitudes sur l'actionnariat

le
0
BERLIN ENVISAGERAIT DE RACHETER 3% D'EADS À LA FRANCE
BERLIN ENVISAGERAIT DE RACHETER 3% D'EADS À LA FRANCE

PARIS (Reuters) - Le titre EADS évoluait vendredi en forte baisse à la Bourse de Paris, les analystes soulignant les incertitudes autour du pacte d'actionnaires qui pèsent sur la valeur.

A 10h05, l'action EADS reculait de 2,91% à 24,505 euros, signant de loin le plus fort repli du CAC 40 (-0,25%).

Selon le quotidien allemand Handelsblatt, citant des sources gouvernementales allemandes, l'Allemagne prévoit de racheter directement à la France une participation de 3% dans EADS pour que la part des deux Etats dans le groupe aéronautique et de défense européen soit égale.

Lundi, des sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que les deux pays discutaient d'une réorganisation de la gouvernance au sein d'EADS, qui conduirait chacun des deux pays à détenir 12% de la maison-mère d'Airbus et à rompre le pacte d'actionnaires actuel.

"En rompant le pacte d'actionnaires, la France et l'Allemagne faciliteraient la sortie, à terme, de Lagardère et Daimler. Ce qui suppose un afflux de papier potentiel sur le marché l'année prochaine", commentent les analystes d'Aurel BGC.

Selon un autre analyste basé à Paris, environ 20% du capital devrait revenir sur le marché dans le cadre du nouveau pacte d'actionnaires.

"Actuellement, les Etats avec Daimler et Lagardère contrôlent 50,5% du capital. Si le nouveau pacte prévoit une minorité de blocage à 30%, ce sont 20,5% du capital d'EADS qui vont se retrouver d'une façon ou d'une autre sur le marché", explique-t-il.

L'Etat et Lagardère détiennent respectivement 15% et 7,5% du capital. Du côté allemand, le constructeur automobile allemand Daimler possède 15% du capital et un consortium de sept banques allemandes (Dedalus) les 7,5% restants.

"Tant que les incertitudes ne seront pas levées sur le nouveau pacte d'actionnaire, la valeur continuera de souffrir", estime l'analyste basé à Paris.

Ce dernier relève toutefois qu'à terme le nouveau pacte signé entre les Etats, qui va limiter le poids des gouvernements sur la gouvernance, devrait être favorable aux actionnaires minoritaires.

"Si on oublie les problèmes de gouvernance et d'actionnariat, la société vaut plus que les 25 euros actuels au vu des fondamentaux solides", indique l'analyste.

En Bourse, l'action EADS ne gagne que 1,4% depuis le début de l'année. La valeur évolue toujours nettement en dessous (-17%) de son cours de Bourse affiché avant l'annonce en septembre d'un projet de fusion avec BAE.

Blandine Hénault, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant