Le titre BAE porté par le dividende et le rachat d'actions

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BAE SYSTEMS RAVIT LES INVESTISSEURS AVEC SES RÉSULTATS ET LA HAUSSE DU DIVIDENDE
BAE SYSTEMS RAVIT LES INVESTISSEURS AVEC SES RÉSULTATS ET LA HAUSSE DU DIVIDENDE

par Brenda Goh

LONDRES (Reuters) - BAE Systems a fait état jeudi d'une baisse moins marquée que prévu de son bénéfice annuel, tout en surprenant agréablement les investisseurs avec l'annonce à la fois d'une hausse du dividende et d'un programme de rachats d'actions.

Vers 13h45 GMT, le titre du numéro un européen de la défense avançait de 4,91% à 348,5 pence, affichant ainsi la plus forte progression de l'indice FTSEurofirst 300 et l'une des meilleures performances de l'Euro Stoxx 600.

Le groupe, dont le projet de fusion avec EADS a avorté en octobre, a déclaré que la croissance viendrait cette année de pays en dehors de marchés domestiques que sont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, où les perspectives sont qualifiées de "contraintes".

BAE Systems a ainsi noté que les prises de commandes en provenance de pays autres que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient bondi de 133% sur l'ensemble de 2012, à 11,2 milliards de livres (13 milliards d'euros), la société ayant notamment vendu des avions de combat à Oman et à la Corée du Sud.

"Il y a beaucoup de jeunes pousses dans cette organisation, qui permettent de dire avec confiance qu'elle est capable de résister à des choc", à dit à des journalistes Ian King, directeur général de BAE Systems.

Il a ajouté que le groupe britannique n'était "absolument pas" en discussions avec EADS en vue relancer un processus de fusion, notant que BAE Systems se concentrait sur le développement de ses activités en tant qu'entité indépendante.

Le bénéfice opérationnel courant (Ebita) annuel du groupe s'est replié de 6%, du fait notamment d'une diminution des activités de la division américaine de BAE - cette dernière a pesé à hauteur de 40% du chiffre d'affaires en 2012 - en raison d'un budget défense en baisse aux Etats-Unis et d'un engagement moindre en Irak et en Afghanistan.

Mais, à 1,895 milliard de livres, l'Ebita est supérieure aux attentes des analystes financiers, qui avaient anticipé entre 1,85 et 1,87 milliard de livres.

RACHAT D'ACTIONS

Malgré la baisse de son bénéfice courant, le groupe a augmenté son dividende de 4%, à 19,5 pence.

Et BAE Systems a également annoncé, avec effet immédiat, le lancement d'un programme rachat d'actions d'un milliard de livres d'une durée de trois ans.

"Un programme de rachat d'actions d'un milliard de livres (...) qui vient se rajouter au rendement sur dividende le plus élevé du marché, ne peut être interprété autrement que (...) comme un foi de la direction dans la solidité de l'entreprise", a estimé Sandy Morris, analyste chez Jefferies.

"Et le fait d'annoncer de telles mesures dans un contexte où tout le monde redoute l'impact potentiel d'une baisse des dépenses aux Etats-Unis n'a pas manqué de constituer une bonne surprise pour les intervenants de marché."

Les ventes de BAE ont baissé de 7% à 17,83 milliards de livres en 2012 et le groupe britannique se prépare à une année difficile sur ses principaux marchés.

"Des opportunités de croissance sont identifiées sur certains segments des marchés américain et britannique mais les perspectives générales des deux pays devraient rester contraintes", dit le groupe dans un communiqué.

BAE subit les conséquences de la baisse des budgets de la défense britannique et américain. Le Royaume-Uni s'est engagé en 2010 à réduire le sien de 8% d'ici 2014, et Washington prévoit d'abaisser de 487 milliards de dollars ses défenses militaires au cours des dix prochaines années.

"En raison des incertitudes qui pèsent à court terme sur le budget de la défense aux Etats-Unis, une croissance modeste du bénéfice sous-jacent par action est attendue pour 2013", précise le communiqué.

BAE a également annoncé que les discussions avec l'Arabie saoudite sur le prix définitif du contrat dit "Salam" continuaient, et que son éventuelle signature en 2013 accroîtrait de trois pence le bénéfice sous-jacent par action.

Le contrat date de 2007 et porte sur la fourniture de 72 chasseurs Typhoon, dont 24 ont déjà été livrés. Sa valeur est estimée à environ 4,5 milliards de livres (5,5 milliards d'euros).

Marc Angrand, Julien Dury et Benoît Van Overstraeten pour le service français

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