Le tireur présumé de Libération a été interpellé

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LE TIREUR PRÉSUMÉ DE LIBÉRATION, "TROISIÈME HOMME" DE L'AFFAIRE REY-MAUPIN, A ÉTÉ INTERPELLÉ
LE TIREUR PRÉSUMÉ DE LIBÉRATION, "TROISIÈME HOMME" DE L'AFFAIRE REY-MAUPIN, A ÉTÉ INTERPELLÉ

PARIS (Reuters) - L'auteur présumé des coups de feu tirés lundi dans le hall du quotidien Libération puis à la Défense a été interpellé mercredi soir près de Paris après une intense traque dans la région parisienne.

Abdelhakim Dekhar, qui n'a pas encore pu être entendu par les enquêteurs en raison de son état de santé, avait été condamné à quatre ans de prison en 1998 pour son implication dans l'équipée sanglante de Florence Rey et Audry Maupin, qui s'était achevée en octobre 1994 par la mort de trois policiers, d'un chauffeur de taxi et de Maupin lui-même.

"Tous les faits démontrent son implication dans les faits qui lui sont reprochés, imputés depuis plusieurs jours", a déclaré dans la nuit Manuel Valls, lors d'un point de presse au siège de la police judiciaire.

Les enquêteurs, a ajouté le ministre de l'Intérieur, n'ont pu pour l'heure l'interroger. "Tout semble montrer qu'il a tenté de se suicider."

"J'imagine que dès que le présumé coupable pourra être entendu, il le sera pour connaître toutes ses motivations", a-t-il dit.

Le tireur présumé, qui est âgé de 48 ans, a été arrêté à Bois-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, près de Paris, mercredi vers 19h00 alors qu'il se trouvait dans une voiture garée dans un parking. Il était dans un état comateux après avoir semble-t-il absorbé des médicaments, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"Pour l'instant, il est en garde à vue dans un milieu médicalisé et il n'est pas possible de l'entendre", a confirmé Christian Flaesch, le directeur de la police judiciaire de Paris.

Selon BFMTV, la police aurait découvert une lettre "assez longue" dans laquelle il évoquerait "la Libye, la Syrie et les peuples du Maghreb".

Invité sur RTL jeudi matin, Manuel Valls a confirmé la découverte "d'un ou de (plusieurs) courriers".

"C'est à la justice maintenant de donner progressivement tous ces éléments pour non seulement comprendre ce qui s'est passé mais surtout connaître les motivations de cet individu", a-t-il dit.

CONFONDU PAR SON ADN

Après avoir fait feu lundi matin dans le hall du quotidien Libération, blessant grièvement un assistant photographe, il a tiré près de la tour Société Générale, à La Défense, et pris brièvement en otage un automobiliste avant de disparaître.

Il a été confondu par une comparaison de son ADN avec des prélèvements effectués par les enquêteurs sur les scènes de crime, notamment dans la voiture du conducteur qu'il avait contraint à l'emmener et sur des balles retrouvées à l'accueil de BFMTV, où il était entré vendredi dernier sans ouvrir le feu.

"Il a fallu quatre à cinq heures pour confondre à travers l'ADN cet individu", a souligné Manuel Valls, qui s'est dit fier du "travail remarquable" accompli par les forces de police et a salué la "prouesse" de la police scientifique.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a elle aussi salué dans un communiqué "l'efficacité des services de police judiciaire et des parquets saisis qui ont permis l'interpellation rapide d'un suspect".

Abdelhakim Dekhar était "probablement parti à l'étranger" après avoir purgé sa peine, en 1998, a dit Manuel Valls, ce qui expliquerait pourquoi il ne figurait pas sur le fichier national des empreintes génétiques.

CONDAMNÉ DANS L'ÉQUIPÉE MEURTRIÈRE DE FLORENCE REY

Dekhar était considéré comme le "troisième homme" de l'affaire Rey-Maupin, soupçonné d'avoir acheté un des fusils à pompe dont ces deux jeunes gens qui gravitaient dans les milieux autonomes se sont servis lors de la double fusillade du 4 octobre 1994 à Paris.

Abdelhakim Dekhar, arrêté peu de temps après les faits et placé en détention préventive dès octobre 1994, avait été condamné lui à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs. L'accusation avait requis une peine de dix ans mais les charges de vol à main armée n'avaient pas été retenues contre lui.

Dekhar, qui prétendait être un agent de la Sécurité militaire algérienne, était donc libérable.

"C'est un homme insaisissable", a dit Emmanuelle Hauser-Phelizon, qui était à l'époque son avocate, sur BFMTV. "Je ne savais pas qui il était réellement."

Des centaines d'appels sont parvenus aux enquêteurs depuis le lancement d'un appel à témoins. Quatre photos, notamment la capture d'une image de vidéosurveillance de la RATP dans un couloir de la station Concorde, ont été diffusées.

Les enquêteurs ont épluché 1,2 million de données téléphoniques et passé au crible les enregistrements des caméras de vidéosurveillance, a précisé Manuel Valls.

Abdelhakim Dekhar aurait été hébergé un certain temps par une personne qui se serait manifestée auprès de la police, permettant son arrestation, ce qu'a confirmé le ministre de l'Intérieur.

Nicolas Bertin, Gérard Bon, Jean-Baptiste Vey et Henri-Pierre André, édité par Marine Pennetier

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  • ppetitj le jeudi 21 nov 2013 à 14:24

    Le même langage aurait-il été tenu s'il avait été d'extrême droite ?

  • Gary.83 le jeudi 21 nov 2013 à 09:38

    pas dangereux ! un dingue, arabe d'extreme gauche !! y a rien à craindre !!!

  • mlaure13 le jeudi 21 nov 2013 à 09:15

    Décidément...que d'électrons libres, et sans contrôle ni surveillance dans notre Pays...A se demander si ce n'est pas fait exprès???...