Le tireur de Paris transféré à la prison de Fleury-Mérogis

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PARIS (Reuters) - Abdelhakim Dekhar, l'auteur présumé des coups de feu tirés au journal Libération à Paris, puis à La Défense, a été transféré lundi de l'Hôtel-Dieu à la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, a annoncé son avocat.

Le suspect avait été mis en examen dans la nuit de vendredi à samedi aux urgences médico-judiciaires de cet hôpital parisien pour tentatives d'assassinat, enlèvement et séquestration. Il avait été placé en détention sur place.

L'ancien "troisième homme" de l'équipée sanglante menée par Florence Rey et Audry Maupin en 1994 avait tenté de se suicider avec des médicaments peu avant son interpellation mercredi soir dans un parking de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine).

Il a "commencé une grève de la faim et est très affaibli", a déclaré à Reuters son défenseur, Me Rémi Lorrain, sans vouloir préciser les raisons du refus de son client de s'alimenter.

L'administration pénitentiaire verra si la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis dispose de moyens médicaux adaptés à l'état de santé du détenu, a précisé l'avocat. "Je vais demander à ce qu'il puisse avoir accès à son dossier", a-t-il ajouté.

Abdelhakim Dekhar, 48 ans, a refusé pendant sa garde à vue de s'exprimer sur le fond du dossier, faisant valoir son droit au silence, et n'a pas justifié son équipée parisienne.

Des courriers dénonçant un "complot fasciste" et une "manipulation de masse" ont été cependant retrouvés par les enquêteurs.

Me Rémi Lorrain avait appelé samedi à respecter la présomption d'innocence : "La culpabilité et les éléments intentionnels des faits présumés doivent être prouvés, car la culpabilité ne se décrète pas et ne se déduit pas d'un antécédent judiciaire".

Outre l'attaque présumée le 15 novembre du siège de la station BFM TV où, armé d'un fusil à pompe, il n'avait pas ouvert le feu, Abdelhakim Dekhar est soupçonné d'avoir grièvement blessé lundi dernier un assistant photographe dans les locaux de Libération, avant de tirer plusieurs coups de feu devant le siège de la Société Générale, à La Défense.

Les enquêteurs, qui cherchent toujours le fusil à canon scié utilisé lors des attaques, ont établi qu'il avait séjourné dans deux hôtels du centre de Paris.

L'un des gérants a ramené à la police une valise que le tireur solitaire avait laissée sur place et qui contenait notamment sa carte d'identité.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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