Le tir d'une fusée nord-coréenne se solde par un échec

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ÉCHEC DU TIR D'UNE FUSÉE NORD-CORÉENNE
ÉCHEC DU TIR D'UNE FUSÉE NORD-CORÉENNE

par Ju-min Park

SEOUL (Reuters) - La Corée du Nord a procédé vendredi au tir d'une fusée, en dépit des mises en garde de la communauté internationale, mais cette tentative s'est soldée par un échec que Pyongyang, fait rarissime, a officiellement admis.

Selon des analystes, les Nord-Coréens, vexés par cet échec, pourraient être maintenant tentés de faire étalage de leur puissance militaire en effectuant un troisième essai nucléaire, après ceux d'octobre 2006 et de mai 2009.

Le pays communiste a mis à exécution son projet de lancement d'une fusée Unha-3, qui avait également suscité un avertissement de la part de la Chine, un de ses seuls soutiens.

Un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense a indiqué à la presse à Séoul que le tir de la fusée avait eu lieu à 07h39 (22h39 GMT jeudi).

Selon la chaîne de télévision NHK, citant une source au ministère japonais de la Défense, l'engin a parcouru environ 120 km avant de se briser en quatre morceaux qui se sont abîmés en mer au large des côtes occidentales de la péninsule coréenne.

Le ministère japonais de la Défense, qui avait placé le pays en état d'alerte maximale, a précisé que le territoire nippon n'avait subi aucun impact.

Le pouvoir nord-coréen a officiellement confirmé l'échec de cette tentative. "Scientifiques, techniciens et experts vérifient actuellement la cause de cet échec", écrit l'agence de presse gouvernementale KCNA.

RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Le Conseil de sécurité des Nations unies a prévu de se réunir vendredi pour discuter d'une réponse à apporter à cette violation des résolutions du Conseil de sécurité, ont indiqué des diplomates occidentaux. Le secrétaire général de l'Onu a jugé le tir nord-coréen "déplorable".

Le gouvernement nord-coréen a affirmé que ce tir de fusée était destiné à mettre en orbite un satellite météorologique mais la communauté internationale le considérait comme un essai déguisé de lancement de missile balistique intercontinental.

Pour les Occidentaux, ce test grandeur nature devait aider l'armée nord-coréenne à progresser sur la voie de la maîtrise d'armes de destruction massive et il constituait une infraction à des résolutions de l'Onu.

La Maison blanche a immédiatement réagi en estimant que ce tir devait être considéré comme un acte de "provocation" qui menace la sécurité régionale, viole les lois internationales et contredit les récents engagements de la Corée du Nord.

"Bien que cette action ne soit pas une surprise compte tenu du comportement agressif de la Corée du Nord, la communauté internationale s'inquiète de toutes les activités de la Corée du Nord liées à des missiles", a dit Jay Carney, porte-parole de la présidence américaine.

"Les Etats-Unis demeurent vigilants face aux provocations de la Corée du Nord et restent pleinement déterminés à assurer la sécurité de leurs alliés dans la région", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, Washington annulait un récent accord sur la fourniture d'une aide alimentaire à Pyongyang et n'excluait pas d'autres sanctions en cas de nouvelle "provocation" de la part des Nord-Coréens.

La Russie, quant à elle, est opposée à de nouvelles sanctions. "Nous ne croyons pas en de nouvelles sanctions, elles ne permettront pas de résoudre la situation", a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, après des discussions avec ses homologues chinois et indien.

"PROVOCATION EXTRÊME"

Le Japon, qui a dénoncé une "provocation extrême" pour sa sécurité nationale, a fait savoir qu'il envisageait des sanctions économiques contre la République populaire de Corée suivant la réponse qu'apportera la communauté internationale.

La diplomatie chinoise a, elle, appelé à la retenue. "Nous espérons que toutes les parties vont rester calmes et faire preuve de retenue, et qu'elles ne feront rien qui puisse mettre en péril la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne", a dit le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin, dans un communiqué diffusé sur internet.

Le lancement a eu lieu de la base de Tongchang-ri, sur la côte nord-ouest du pays, à proximité de la frontière chinoise.

Il s'agit de la deuxième tentative de ce genre visant à mettre un satellite en orbite après l'échec déjà enregistré en 2009 qui avait pourtant été présenté par le gouvernement nord-coréen comme un succès.

Ce tir fait partie des célébrations organisées à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur de la République démocratique de Corée du Nord et grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong-un.

Celui-ci a été nommé vendredi président de la Commission de la défense nationale, renforçant ainsi son pouvoir sur le pays.

Son père, Kim Jong-il, qui avait dirigé la puissante commission jusqu'à sa mort, le 17 décembre, restera président pour l'éternité, a rapporté l'agence officielle de presse KCNA.

Le 31 décembre dernier, Kim Jong-un a été désigné commandant suprême de l'armée populaire de Corée.

avec Michael Martina, Pierre Sérisier, Benjamin Massot et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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