Le temps de la clarification est venu à gauche, affirme Valls

le , mis à jour à 20:04
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 (Actualisé avec saisine Haute Autorité d'éthique) 
    PARIS, 12 mai (Reuters) - Le temps de la clarification à 
gauche est venu, a affirmé jeudi le Premier ministre Manuel 
Valls, sans toutefois appeler directement à l'exclusion du Parti 
socialiste des députés qui ont signé la motion de censure 
avortée contre le gouvernement. 
    Dans la foulée, le premier secrétaire du Parti socialiste, 
Jean-Christophe Cambadélis, a saisi la Haute autorité éthique de 
sa formation sur le cas des députés socialistes qui ont "proposé 
de renverser leur gouvernement", a dit une porte-parole du PS. 
    "Je ne laisserai pas détruire la gauche de gouvernement, la 
social-démocratie française et, oui, le temps de la 
clarification est venu", a prévenu le Premier ministre à la 
tribune de l'Assemblée, accusant ces élus d'avoir voulu non 
seulement l'échec de la loi Travail mais aussi "renverser le 
gouvernement et donc aussi faire tomber cette majorité". 
    Cette tentative "grave", à laquelle ont participé une 
trentaine de députés socialistes, "cette démarche aventureuse a 
au fond, en effet, un intérêt, celui d'une clarification entre 
ceux qui s'arc-boutent sur le passé et ceux qui préparent 
l'avenir, entre ceux qui assument l'exercice du pouvoir et ceux 
qui se contentent d'être dans la proclamation, dans le confort 
de l'opposition", a-t-il dit. 
    Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait 
auparavant estimé que le PS devra se pencher sur le dossier. 
    "Ils ont pris une très lourde responsabilité", a dit ce 
fidèle de François Hollande sur Europe 1, jugeant que cette 
attaque contre l'exécutif risquait de faire le jeu de 
l'opposition en vue des prochaines échéances électorales. 
    "Le seul résultat, ce sera de diviser de manière 
supplémentaire la gauche et faire gagner la droite", a-t-il dit. 
     
    "C'EST ALLÉ TROP LOIN" 
    Stéphane Le Foll a notamment dénoncé le fait que ces 
parlementaires se placent en situation d'opposition systématique 
à un parti dont ils se réclament au moment des scrutins. 
    "Le fait d'être au Parti socialiste garantit quand même pour 
beaucoup le fait d'être élu", a-t-il indiqué. "Il y aura des 
débats, bien sûr, après ce qui s'est passé, puisque jusqu'au 
bout certains ont cherché à faire tomber le gouvernement." 
    Le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement 
Jean-Marie Le Guen s'en est aussi remis à la direction du PS. 
    "Je me tourne vers ceux qui sont en responsabilité pour voir 
ce qu'il convient de faire", a-t-il dit sur iTELE.  
    "La question des règles collectives se pose (...) Je pense 
que c'est allé trop loin", a-t-il ajouté. 
    "Nous ne sommes pas là pour dynamiter toute perspective à 
gauche", a répondu sur BFM TV le député socialiste de la Nièvre 
Christian Paul, chef de file des frondeurs.  
    Selon lui, "le but d'une motion de censure c'est de dire 
stop à un texte" et l'initiative de mercredi reflétait "un 
avertissement très ferme qui vient de toute la gauche".     
    Les frondeurs ont réuni 56 signatures sur les 58 nécessaires 
pour présenter un texte dont l'adoption par au moins 289 députés 
aurait permis de renverser le gouvernement. 
    Parmi les signataires figurent 28 socialistes (sur les 285 
du groupe), les 10 députés Front de gauche, 10 écologistes et un 
mélange de non-inscrits de gauche ou du centre. 
    Le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux avait 
annoncé avant le scrutin que les élus qui voteraient une motion 
de censure seraient exclus du groupe et du PS.  
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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