Le télescope spatial Gaia mis sur orbite

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KOUROU, Guyane (Reuters) - Le lanceur Soyouz a mis jeudi sur orbite le télescope spatial Gaia de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui doit effectuer une cartographie de la galaxie en trois dimensions, ainsi que localiser et caractériser plus d'un milliard d'étoiles.

Arianespace a annoncé que le décollage depuis le centre spatial guyanais à Sinnamary, en Guyane française, s'était déroulé normalement, tout comme la séparation de Gaia du lanceur 41 minutes plus tard avant d'être placé sur orbite.

D'un poids dépassant légèrement les deux tonnes, Gaia a été construit par Astrium pour le compte de l'ESA.

La mission du satellite consistera, pendant environ cinq ans et demi, à effectuer le recensement d'un milliard d'étoiles pour établir le catalogue du ciel étoilé qui permettra de décrypter l'origine, la structure et l'évolution de la Voie lactée, notre galaxie, explique Arianespace.

Placé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, Gaia devrait aussi découvrir un grand nombre d'objets célestes, astéroïdes, étoiles naissantes et trous noirs géants.

"Gaia est l'aboutissement de neuf années de travaux intensifs qui vont permettre une avancée exceptionnelle pour la compréhension de notre univers, de son histoire et de ses lois", a déclaré dans un communiqué Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d'études spatiales (CNES).

"Cette mission prolonge celle d'Hipparcos, lancé en 1989 et avec Gaia, le CNES entre dans l'ère du 'Big data', une véritable révolution pour le traitement des données scientifiques", a-t-il ajouté.

Véritable "bijou technologique innovant" selon le directeur du centre spatial guyanais Bernard Chemoul, Gaia permettra "le plus gros traitement de données de l'astronomie avec six milliards d'opérations à la seconde".

Ces données seront reçues à la station de l'ESA de Cebreros, en Espagne, avant d'être traitées dans différents centres spécialisés situés en Espagne (Villafranca et Barcelone), Grande-Bretagne (Cambridge) et en France (Toulouse).

L'année 2013 se clôt au centre spatial guyanais sur sept succès (deux Soyouz, une Vega, quatre Ariane 5), ce qui est inférieur aux prévisions. Trois lancements prévus entre septembre et décembre ont dû être reportés en raison de problèmes techniques relevés sur des satellites.

Pour 2014, le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, a évoqué devant la presse la possibilité de 14 lancements en Guyane.

"Nous devons nous organiser pour le maximum de lancements", a-t-il déclaré.

Le prochain lancement est prévu le 23 janvier 2014. La 217ème Ariane 5 mettra sur orbite les satellites ABS-2 pour le compte de l'opérateur asiatique ABS et Athena Fidus pour les gouvernements italien et français.

Franck Leconte, édité par Yves Clarisse

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