Le taux du livret A maintenu à 1 %

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INFOGRAPHIE - Le taux de rémunération des nouveaux plans épargne logement (PEL) passera, lui, de 2,50 à 2 % le 1er février.

Contre toute attente, le gouvernement a décidé jeudi soir de maintenir le taux de livret A à 1 %. Il n'a donc pas suivi les recommandations de Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, qui avait recommandé dans la matinée d'abaisser le taux de ce livret très populaire à 0,75 %.«Je propose 0,75 %. Économiquement, je devrais proposer un peu plus bas, 0,50 % sans aller jusqu'à 0,25 %, mais je veux tenir compte de la psychologie des épargnants. Donc je pense qu'il faut faire un mouvement d'une ampleur relativement limitée», avait justifié Christian Noyer. L'inflation ayant ralenti à 0,1 % en décembre, le taux des 60 millions de livrets A (ainsi que celui des LDD) aurait dû théoriquement tomber à 0,25 % le 1er février, si la formule de calcul avait été appliquée. Mais, le gouvernement a décidé une fois de plus de déroger à la règle. En août dernier, le rendement du livret aurait déjà dû en théorie passer de 1,25 % à 0,5 %, compte tenu du faible niveau de l'inflation. Cela aurait provoqué un vrai choc pour les Français. Et c'est donc finalement le taux à 1 % qui a été retenu.

«Pour des raisons politiques, avec la proximité des élections locales et afin de ne pas démoraliser l'épargnant, le gouvernement a été tenté par le statu quo», avance Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne.

Autre surprise, Bercy a également annoncé dans la soirée que le taux de rémunération du plan épargne logement (PEL) sera abaissé, passant de 2,5 % à 2 % à partir du 1er février. La mesure ne concernera que les nouveaux PEL ouverts à partir de cette date. «Il s'agit d'un niveau cohérent avec celui des autres produits d'épargne existant sur le marché ainsi qu'avec la durée d'immobilisation de l'épargne (4 ans)», justifie le ministère des Finances. Dans le contexte de taux bas actuels, des banquiers jugeaient la rémunération du PEL «anormale» car trop élevée. Après impôt (15,5 % des prélèvements sociaux), les nouveaux PEL rapporteront 1,69 %, contre 2,11 % pour ceux souscrits avant cette date. Le taux du crédit immobilier des nouveaux plans sera également abaissé. Les épargnants qui choisiront de souscrire un emprunt à l'issue de la phase d'épargne s'endetteront à 3,2 % contre 4,2 %. Un taux un peu moins éloigné de ceux pratiqués sur le marché des crédits immobiliers. «Ces nouvelles règles permettront de conforter le positionnement du PEL comme outil de la politique du logement», espère Bercy.

Appel à la modération

Le plan épargne logement est-il toujours un placement à privilégier pour son épargne? Sans doute, car il est difficile de trouver de meilleurs placements sans risques. Certains soulignent également que le livret A reste un bon placement pour l'épargne de précaution. «Il rapporte davantage que l'OAT, l'emprunt d'État à 10 ans (0,67 %). Et compte tenu de l'absence d'inflation et de fiscalité, l'épargnant gagne encore un peu d'argent», estime Cyril Blesson, associé chez Paris Conseil. Les épargnants ont intérêt à privilégier d'autres investissements pour leur épargne de long terme. Ainsi, l'assurance-vie reste l'un des meilleurs placements du moment. Les assureurs n'ont pas complètement suivi l'appel à la modération lancé à l'automne par Christian Noyer, la concurrence est trop forte. Certaines compagnies ont réussi à afficher des rémunérations de plus de 3 %. L'an dernier, les Français ont placé plus de 21 milliards sur leurs contrats. Une partie de ces sommes provenait du livret A (plus de 6 milliards d'euros de retraits). Et ce n'est peut-être pas fini.

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