Le tandem Hollande-Ayrault à l'épreuve de 2014

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LE COUPLE EXÉCUTIF À L'ÉPREUVE DE 2014
LE COUPLE EXÉCUTIF À L'ÉPREUVE DE 2014

par Elizabeth Pineau et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Affaibli par 18 mois de crises multiples sur fond d'impopularité record en 2013, le tandem formé par François Hollande et Jean-Marc Ayrault est condamné au rebond en 2014, année électorale dont l'exécutif espère qu'elle sera celle de l'embellie.

Les scrutins municipal et européen du printemps, pour lesquels toutes les études d'opinion prédisent une montée du Front national, donneront le "la" de ce que l'entourage du président présente comme une année de "transition".

Elle pourrait aussi être celle de tous les dangers pour un exécutif dont la cote de confiance est tombée sous la barre des 25%, un record sous la Ve République.

Le président, hué à plusieurs reprises en 2013 lors de déplacements, notamment le 11 novembre sur les Champs-Elysées, a aussi dû affronter la jacquerie des "bonnets rouges" bretons contre l'écotaxe, signe de l'exaspération d'une population angoissée par l'avenir et rétive à tout nouvel effort.

Sur ce dossier comme sur d'autres, le gouvernement a revu sa copie pour se donner le temps du dialogue, au risque de se faire accuser de préférer la "reculade" au courage politique.

Soulevé à maintes reprises au gré des tensions d'une année qui n'a vu finalement qu'une éviction, celle de Delphine Batho pour avoir critiqué le budget de son ministère de l'Ecologie, l'idée d'un remaniement ne manquera pas de resurgir.

"Remanier est un geste institutionnel fort. On ne changera pas trois fois de Premier ministre", prévient toutefois un proche de François Hollande. "A un moment donné il y aura une éclaircie, c'est à ce moment-là qu'on aura une décision, pour lancer la deuxième phase du quinquennat".

INVERSION DE LA COURBE DU CHÔMAGE

Critiqué sur la scène intérieure, le chef de l'Etat a marqué des points à l'international, terminant l'année comme il l'avait commencée en engageant l'armée française en Afrique.

L'opération Sangaris en Centrafrique pour soutenir une population aux abois succède à Serval, lancée le 11 janvier au Mali pour chasser les islamistes. Le président a eu moins de succès dans le dossier syrien, où Paris a été doublé par Moscou et Washington.

Entre deux de ses nombreux voyages -de la Chine à l'Inde en passant par le Japon et le Proche-Orient, François Hollande a tenté de convaincre ses concitoyens du bien-fondé d'une politique obsédée par l'emploi, la croissance et la jeunesse.

L'inversion de la courbe du chômage en octobre lui a permis de marquer un premier point, qui reste à confirmer à long terme.

"2014, ce sera une année de transition", veut croire son entourage. "Le président a dit qu'il y aurait deux phases dans le quinquennat. Ce sera la dernière année de la phase du redressement."

Les manifestations contre la légalisation du mariage homosexuel ont pollué toute la première partie de 2013, tout comme le scandale Jérôme Cahuzac, ministre du Budget déchu après avoir avoué avoir possédé des comptes non déclarés à l'étranger.

Au chapitre des succès, l'accord sur la flexibilité du travail, la réforme -a minima- des retraites et celle de la formation professionnelle ont redoré le blason du ministre du travail, Michel Sapin, et conforté la méthode du dialogue chère à François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

AYRAULT REPREND LA MAIN

Cette fin d'automne est celle de la reprise en main pour le chef du gouvernement, accusé par ses détracteurs de ne pas suffisamment protéger le président et d'avoir manqué de poigne face à une majorité indisciplinée.

L'année a en effet été riche en bisbilles au Parlement comme au gouvernement, où l'on vit par exemple les ministres Verts Cécile Duflot et Pascal Canfin s'opposer à Manuel Valls sur les questions d'immigration.

Le même ministre de l'Intérieur, membre le plus populaire du gouvernement souvent cité pour Matignon, s'est aussi retrouvé en délicatesse avec sa collègue de la Justice, Christiane Taubira, à propos de la réforme pénale.

Début octobre, alors qu'enflait un débat sur les Roms, François Hollande a sommé "pour la dernière fois" ses ministres de cesser leurs querelles et exigé de Jean-Marc Ayrault qu'il coordonne mieux la communication de son équipe.

C'est toutefois à ses dépens que le chef de l'Etat est monté en première ligne le 19 octobre dans l'affaire Leonarda, prénom d'une jeune Rom expulsée vers le Kosovo avec sa famille, à qui le président a proposé de venir étudier seule en France.

Un jugement de Salomon où les détracteurs du président connu pour son art de la synthèse ont lu une preuve d'indécision.

Une nouvelle période de tension s'est ouverte en novembre, avec l'initiative surprise de Jean-Marc Ayrault de remettre à plat la fiscalité pour désamorcer la crise des "bonnets rouges" et reprendre la main politiquement.

Un coup politique perçu comme une provocation par les ministres de Bercy, prévenus à la dernière minute.

Quand Matignon a cherché à reprendre le contrôle du ministère de l'Economie en imposant la nomination des cadres de l'administration, Jean-Marc Ayrault s'est retrouvé en conflit presqu'ouvert avec Pierre Moscovici.

INIMITIÉS

Ces derniers jours, le Premier ministre a aussi dû affronter la colère née de la mise en ligne sur le site de Matignon d'un rapport controversé sur l'intégration des étrangers.

"Le 'Ayrault bashing' repart", déplorait un ministre cette semaine.

Le nouvel état d'esprit combatif du chef du gouvernement depuis l'offensive sur la fiscalité et son positionnement moins "sacrificiel" vis-à-vis de François Hollande n'est pas passé inaperçu à l'Elysée. "Cela a été noté", y a-t-on sobrement commenté.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, peu avare de critiques sur le locataire de Matignon, s'est fendu cette semaine sur France Info d'un "au Parlement, on fait avec" Jean-Marc Ayrault lourd de sous-entendus.

Le Premier ministre conserve aussi de solides inimitiés avec Arnaud Montebourg, qui affiche publiquement son ressentiment envers son patron lors de certains déplacements.

La rancoeur née du refus du Premier ministre de nationaliser fin 2012 le site sidérurgique de Florange et les derniers hauts-fourneaux de Lorraine reste vive.

Le sort du locataire de Matignon est donc l'une des inconnues de 2014 où les socialistes espèrent limiter les pertes aux élections municipales avec une possible prise de Marseille mais craignent un fort score du Front national aux européennes.

Peu loquaces dès que l'on prononce le mot "remaniement", les ministres s'en remettent à l'Elysée, où François Hollande a beaucoup consulté cet automne.

Après les succès sur la réforme du marché du travail, la retraite et la formation professionnelle, le président souhaite inscrire plus profondément son action dans la démocratie sociale.

Avec les chantiers à venir du financement de la sécurité sociale et de l'indemnité chômage, le nom de l'ex-ministre du Travail, Martine Aubry, resurgit au jeu des "Premiers ministrables" aux côtés de ceux de Manuel Valls, Claude Bartolone, Michel Sapin et... Jean-Marc Ayrault, qui n'a pas dit son dernier mot.

"L'attelage Hollande-Ayrault fonctionne, malgré la charge de travail immense. Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre eux", assure un ministre.

Sans aller jusqu'à imiter l'Allemagne, qui compte traditionnellement moitié moins de ministres que la France, l'Elysée juge "faisable" une réduction de l'équipe actuelle, qui compte 38 membres. Les voilà prévenus.

Edité par Yves Clarisse

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  • Gary.83 le vendredi 20 déc 2013 à 19:55

    z'on le ^m costards 2 pour le prix d'un !!!

  • morand40 le vendredi 20 déc 2013 à 18:13

    Mauvais,mauvais,mauvais, jamais un "tendem" aussi maauvais...

  • M931269 le vendredi 20 déc 2013 à 17:53

    On va "fêter"le 1er janvier le 1er bilan qui est bien loin des promesses du candidat Hollande......"moi président je......etc...! Il est nettement plus facile de critiquer que d'être dans l'action .....1er constat ! Les résultats tardent et la situation se détériore a la vitesse grand V en l'absence d'une réelle politique ....bien ciblée et audacieuse ......mais on va surtout attendre mai 2014 pour un bilan complet et là plus question de dire c'est la faute a ....."l'autre" !

  • Gary.83 le vendredi 20 déc 2013 à 17:36

    c'est moi Laurel c'est toi hardy c'est moi le gros c'est moi le petit !c'est moi Laurel c'est toi hardy c'est toi le grand c'est toi le fini .......

  • M9035148 le vendredi 20 déc 2013 à 17:26

    Le tandem le plus incompétent de la 5ème....