Le suspect du premier meurtre de l'Essonne entendu par un juge

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PARIS (Reuters) - Un homme incarcéré depuis décembre pour le premier des quatre meurtres de l'Essonne est entendu mercredi par un juge d'instruction d'Evry, a indiqué son avocate.

Agé de 46 ans, le suspect avait avoué devant les policiers avant de se rétracter devant le magistrat instructeur.

Son avocate, Me Nadine Meydiot, estime qu'il est en détention "pour rien" et que ses aveux initiaux pourraient s'expliquer par "les conditions de sa garde à vue".

"Je crains que ça dure assez longtemps, parce qu'il a encore envie de dire pas mal de choses", a-t-elle dit à la presse à son arrivée dans la matinée au palais de justice d'Evry.

Selon l'avocate, cet handicapé nie avoir jamais manipulé une arme, ni conduit une moto.

Une seule et même arme - un pistolet 7.65 - a été utilisée pour commettre les quatre meurtres, entre novembre et avril, mais le suspect ne peut pas avoir commis les trois derniers puisqu'il est incarcéré depuis le mois de décembre.

Les enquêteurs cherchent à savoir s'il n'a pas remis le pistolet à un complice et, une fois incarcéré, commandité les autres crimes.

"C'est une des pistes, mais je ne dirais pas que c'est la plus sérieuse et, surtout, l'unique piste", avait déclaré Marie-Suzanne Le Quéau, procureur d'Evry, au lendemain de l'assassinat de la dernière victime, le 5 avril dernier.

Le suspect, qui a entamé une deuxième grève de la faim, d'après son avocate, a été écroué pour le meurtre, à Juvisy-sur-Orge, de Nathalie Davids, 35 ans, avec qui il avait eu une relation amoureuse.

Des traces de poudre ont été relevées sur ses vêtements lors de son arrestation mais Me Nadine Meydiot estime qu'elles peuvent provenir de la fonderie où il a effectué des chantiers.

Des proches ont décrit l'homme dans la presse comme un "mythomane" incapable d'avoir commis un assassinat.

Plus d'une centaine d'enquêteurs de la police judiciaire ont été mobilisés sur l'affaire et les forces de l'ordre multiplient les contrôles dans le département.

La police judiciaire de Versailles a diffusé mardi un nouvel appel à témoins, plus précis, de la moto susceptible d'avoir été utilisée par le tueur lors du dernier meurtre, à Grigny.

Il s'agit toujours d'une Suzuki bleue et blanche, de modèle GSX-R 750 ou 1000. Mais les détails sur les équipements de cet engin sont plus précis.

La police cherche à retrouver la trace de la Suzuki, qui a une autonomie de carburant limitée, dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour des lieux des crimes.

Les quatre meurtres ont été commis dans un périmètre d'environ 10 km2 entre Grigny, Ris-Orangis et Juvisy-sur-Orge. Les victimes n'ont pas de passé judiciaire et ne semblaient pas se connaître.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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