Le suspect de la tuerie de Toulouse revendique ses actes

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LE SUSPECT DE LA TUERIE DE TOULOUSE REVENDIQUE SES ACTES
LE SUSPECT DE LA TUERIE DE TOULOUSE REVENDIQUE SES ACTES

par Jean Décotte et John Irish

TOULOUSE (Reuters) - Le principal suspect des tueries qui ont fait sept morts en France a revendiqué mercredi ses actes dans la négociation avec les policiers qui l'assiègent dans un appartement de Toulouse, affirmant qu'il avait mis le pays "à genoux".

Mohamed Merah, un Français de 24 ans d'origine algérienne qui affirme appartenir à Al Qaïda, a échangé à plusieurs reprises des coups de feu avec les policiers du Raid, une unité d'élite qui parlemente avec lui depuis près de 15 heures, l'opération ayant commencé peu après 03h00 mercredi.

"Il n'a pas de regret, si ce n'est de n'avoir pas eu le temps de faire plus de victimes et il se vante (...) d'avoir mis la France à genoux", a dit François Molins, le procureur de Paris, lors d'une conférence de presse à Toulouse.

Le présumé tueur affirme qu'il planifiait le meurtre de deux fonctionnaires de police et d'un militaire, citant pêle-mêle sa volonté de venger la mort de Palestiniens dans le conflit avec Israël et de punir la France pour avoir envoyé des troupes en Afghanistan, a-t-il ajouté.

L'homme, qui a revendiqué le meurtre d'un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse lundi dernier et ceux de trois militaires la semaine précédente, a déclaré aux négociateurs de la police qu'il envisageait de se rendre.

"Il a déclaré vouloir se rendre (...) dans l'après-midi ou la soirée, maintenant c'est plutôt en fin de soirée", a expliqué le procureur en détaillant la manière dont l'enquête avait permis d'identifier le suspect.

Les forces de l'ordre ont découvert devant son domicile une voiture remplie d'armes, sur ses indications. Des produits pouvant servir à la fabrication d'explosifs ont été trouvés dans la voiture de son frère, dit-on de source syndicale policière.

"IDÉOLOGIE SALAFISTE"

L'homme a "à son actif plusieurs actes de délinquance, une petite dizaine, dont certains étaient marqués de violence", a dit le ministre de l'Intérieur Claude Guéant. "Sa radicalisation s'est en revanche plutôt faite au sein d'un groupe d'idéologie salafiste et affermie, semble-t-il, lors de deux voyages qu'il a faits, l'un en Afghanistan, l'autre au Pakistan."

Son avocat, Christian Etelin, a toutefois démenti que son client ait des antécédents de violence, sauf un vol à l'arraché.

Il avait d'après lui rendez-vous en avril pour aménager une peine de prison ferme pour conduite sans permis et il aurait tenté d'intégrer l'armée mais sa candidature aurait été rejetée pour des motifs inconnus à ce jour.

Claude Guéant a précisé que le suspect avait jeté par la fenêtre un colt 45 en échange de moyens de communication fournis par la police pour négocier mais qu'il possédait encore "beaucoup d'armes", dont une kalachnikov et un pistolet uzi.

Sa mère, l'un de ses frères, qui évoluait également dans la mouvance salafiste et sa petite amie ont été placés en garde à vue, a dit François Molins.

La mère du suspect a été amenée sur les lieux mais n'a pas souhaité entrer en contact avec son fils.

Deux policiers du Raid, un groupe d'intervention d'élite, ont été blessés et un troisième a vu son casque atteint par une balle, a-t-on appris de même source.

Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu à Montauban (Tarn-et-Garonne) pour rendre hommage aux trois militaires tombés sous les balles du tueur au scooter après être passé par Toulouse, a parlé lors de la cérémonie d'"exécution terroriste".

"Ces crimes ne demeureront pas impunis", a-t-il dit en demandant d'éviter l'"amalgame" et la "vengeance".

RISQUE FONDAMENTALISTE SOUS-ESTIMÉ ?

A chaque fois, l'auteur des coups de feu mortels est arrivé en scooter et a visé ses victimes à la tête.

L'opération a été lancée aux alentours de 3h00 du matin mercredi dans le quartier résidentiel de la Côte Pavée, dans l'est de Toulouse. Le suspect est retranché dans un immeuble de cinq étages des années 1970 qui tranche avec le reste des habitations, des petits pavillons.

La rue Sergent Vigné où se trouve cet immeuble se situe à quelques centaines de mètres à peine du lieu du premier meurtre d'un militaire, le 11 mars dernier, et de l'école juive où quatre personnes ont trouvé la mort lundi dernier.

"C'est un quartier calme", a déclaré une voisine, Cathy Fontaine. "Il y a une crèche là, des écoles derrière, c'est vraiment un quartier très cosmopolite en plus."

Le recteur de la Grande mosquée de Paris s'est dit abasourdi que l'auteur présumé des tueries se réclame d'une mouvance islamiste intégriste dont il a souligné qu'il pensait qu'elle était "neutralisée dans notre pays".

"Ce que je peux dire c'est l'abasourdissement, c'est véritablement la surprise la plus totale que (...) tous ces méfaits inqualifiables qui ont lieu depuis une dizaine de jours soient d'une mouvance intégriste, djihadiste et de type terroriste dont on croyait qu'ils étaient cadrés et neutralisés et en tout cas complètement inoffensifs dans notre pays", a-t-il déclaré sur i>télé.

La présidente du Front national Marine Le Pen a placé l'affaire sur le terrain politique en réclamant la guerre contre les fondamentalistes et en affirmant que la France payait le prix de son engagement militaire en Afghanistan.

"Je crois que le risque fondamentaliste a été sous-estimé dans notre pays, que des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme", a dit sur i>télé la candidate du FN à l'élection présidentielle.

Avec Patrick Vignal à Paris, édité par Yves Clarisse

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  • bigot8 le mercredi 21 mar 2012 à 17:54

    le mossad doit négocier plus le raid qui est mou !