Le Sud-Est, une cible privilégiée pour le Front national

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LE FN VEUT CONQUÉRIR PLUSIEURS VILLES DU SUD-EST
LE FN VEUT CONQUÉRIR PLUSIEURS VILLES DU SUD-EST

par Jean-François Rosnoblet

TARASCON Bouches-du-Rhône (Reuters) - Des confins du Gard aux coteaux varois, le Front national a coché sur son plan de conquête plusieurs villes des terroirs méridionaux dans l'espoir, fondé, de renouer avec la gestion municipale.

C'est dans le Sud-Est que le parti créé par Jean-Marie Le Pen a de tout temps réalisé ses meilleurs scores, notamment lors de l'élection présidentielle de 2012. Ici encore que le "Rassemblement Bleu marine" a fait élire ses deux seuls députés lors des dernières législatives.

"Je m'inscris dans une démarche d'implantation à long terme", souligne Marion Maréchal-Le Pen, l'héritière du clan qui, à 24 ans, est devenue députée du Vaucluse et la plus jeune élue de l'Assemblée nationale.

Figure emblématique de la nouvelle génération "frontiste" emmenée par Marine Le Pen, elle ne figure à Sorgues (Vaucluse) qu'au dixième rang de la liste FN mais bat la campagne pour soutenir les candidats des départements limitrophes : à Saint-Gilles (Gard), au côté de son collègue de l'Assemblée, l'avocat Gilbert Collard, ou encore à Tarascon (Bouches-du-Rhône), au bras de Valérie Laupies.

LES PORTES S'OUVRENT

Incarnation d'un Front national "dédiabolisé", cette directrice d'école primaire représente les meilleures chances de succès du parti.

"Mon image transgresse l'image caricaturale du FN, cela aide les portes à s'ouvrir", reconnaît l'institutrice, dont c'est le troisième combat électoral.

Après un premier échec aux cantonales (2011), cette brune quadragénaire a bousculé le socialiste Michel Vauzelle lors du second tour des élections législatives de 2012, où 57% des Tarasconais ont voté pour elle.

Le vote extrême s'est enraciné de longue date dans ces terres en souffrance frappées par la mécanisation de la culture des vignes et la raréfaction des emplois.

Saint-Gilles, promise par les sondages à Gilbert Collard, a ainsi été la première commune de France de plus de 10.000 habitants à s'offrir au FN en élisant en 1989 Charles de Chambrun. Avant la conquête de Toulon (Var), Orange (Vaucluse), Vitrolles et Marignane (Bouches-du-Rhône) dans les années 1990.

"Il y a une identité forte en Provence. Ici, ce n'est pas le monde ouvrier d'Hénin-Beaumont (autre place forte du FN-NDLR), c'est davantage le monde agricole, celui de Frédéric Mistral aussi. C'est un pays de forte tradition. Ici, les gens ont du caractère et du courage", déclare Valérie Laupies.

A Brignoles, comme à Fréjus, Vidauban, Miramas, Marignane, Vauvert, Carpentras et d'autres localités, le FN pourrait ainsi virer en tête au soir du premier tour, le 23 mars.

C'est la conséquence d'un travail en profondeur, d'une professionnalisation entreprise par le parti de Marine Le Pen où l'encadrement et des formations de plus en plus pointues ont été développées pour les élus, comme pour les futurs candidats.

L'objectif est d'effacer l'image désastreuse laissée dans les villes conquises en 1995, comme Vitrolles : le FN voulut en faire des laboratoires d'idées, leur gestion révéla crûment l'incapacité du parti à assumer une gouvernance.

UNE "NORMALISATION" DE LONGUE HALEINE

"Je participe régulièrement les week-ends à des séminaires de travail avec les experts du parti qui nous accompagnent dans une société de plus en plus procédurière", dit Valérie Laupies.

"Cette collaboration est appelée à se poursuivre, en cas de succès à l'élection, par exemple pour m'aider à préparer le budget municipal", ajoute-t-elle.

Une forme de mise sous tutelle qui a aussi pour but d'éviter les accrocs dans l'entreprise de normalisation du Front national, qui se heurte encore au discours et aux excès de la base, particulièrement notables sur les réseaux sociaux.

La direction du parti a fortement invité les candidats à mettre en sommeil leurs comptes Twitter, Facebook et Instagram, au moins le temps de la campagne.

"La façade est nouvelle, mais derrière on retrouve les mêmes ingrédients nauséabonds sur l'immigration et l'insécurité. C'est une vision réductrice et populiste", accuse un élu de droite dont le fauteuil est menacé par la poussée extrémiste.

Réponse de Valérie Taupies : "La voix du FN porte peut-être davantage ici car nous sommes aux portes de la Méditerranée et que nous vivons en direct cette immigration de masse. Les gens du Sud expriment sans fard leur défiance à cet égard".

(Edité par Sophie Louet)

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  • t.olliv2 le mercredi 12 mar 2014 à 13:00

    l'incapacité du FN à diriger une ville, ça la presse adore le souligner...et 2 echecs pour en faire une certitude ? que dire du l'ump et du ps ou eux c'est carrément leur incapacité à gouverner un pays qui est démontré ! entre la macédonie de hollande et sa braguette rue du cirque payé par le contribuable...c'est de la grande gestion.