Le succès d'une résidence de luxe et sa porte «pour les pauvres»

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Une société immobilière américaine a intégré quelques logements sociaux à une résidence de luxe dans Manhattan. Pas moins de 88.000 demandes ont déjà été enregistrées... pour seulement 55 logements !

Une certaine façon de penser la mixité sociale. C’est à dire un peu, mais pas trop. «Que diriez-vous si votre résidence - de luxe - comprenait des logements sociaux, et que leurs occupants devaient emprunter une autre porte que la vôtre?», écrivait Le Figaro Immobilier à l’été 2014, époque où ce projet avait été dévoilé.

La tour de 33 étages dans le quartier ultra chic de l’Upper East Side comprend en tout 219 logements, dont 55 logements sociaux. Leurs locataires utiliseront une porte située à l’arrière du bâtiment, évitant ainsi tout contact avec les occupants plus fortunés. Un ascenseur distinct les sépare également.

En vérité, «ces logements sociaux ne sont pas réellement intégrés dans le bâtiment: ils sont dans un «segment de bâtiment […] rattaché seulement d’un point de vue légal», selon le site westsiderag.com. Plus d’un an après, pas moins de 88.000 demandes ont déjà été enregistrées pour les logements sociaux! Un succès incroyable. Et ce n’est pas fini. Selon le Housing Partnership - en charge de la sélection des candidats - le chiffre pourrait même atteindre 90.000 demandes avant la date butoire, prévue ce lundi.

Les candidats seront sélectionnés au hasard pour occuper les studios, ainsi que les appartements d’une et deux chambres. Ils seront ensuite interrogés par le groupe non lucratif Housing Partnership, qui décidera de leur admissibilité en se basant sur des critères comme le revenu, le nombre de personnes du foyer, nombre d’enfants, et le handicap, écrit le New York Times. Limite de revenu à ne pas dépasser, pour une famille de quatre personnes: 50.304 dollars annuels. Soit 46.528 euros.

Exemple: le loyer haut de l’un des appartements de deux chambres est fixé à 1082 dollars mensuels (ce qui équivaut à 1000 euros pile)... Alors qu’à quelques mètres dans le même bâtiment, un gigantesque «tower townhome» incluant sept chambres et neuf salles de bain est à vendre pour... 25,7 millions de dollars (23,7 millions d’euros)! Un autre monde.

Et comme c’est le cas depuis l’annonce du projet, il est l’objet de vives critiques. D’un côté, ceux qui condamnent fermement cette pratique, considérée comme une «segrégation sur le revenu». Et de l’autre, ceux qui considèrent que cette séparation est parfaitement normale.

La mairie de New York a tenu à préciser qu’elle était contre cette pratique. «Nous allons changer les règles (...) nous ne permettrons pas ces deux entrées distinctes fondées sur le revenu», a déclaré Wiley Norvell, porte-parole de Bill de Blasio, actuel maire de New York. Pourtant, ce n’est pas la première fois que cette séparation et ce concept avec deux entrées se pratique à New-York! Et, quand on réfléchit bien, on se rend compte que l’essence du projet et ses objectifs sont remplis: atténuer les inégalités en offrant des logements abordables dans des zones agréables.

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