Le style value doit profiter des sous-valorisations actuelles :
En pratique, comme le rappelle Per Kronberg Jensen ( Sparinvest), un spécialiste " value" se focalise sur la valeur des actifs et non sur celle du potentiel de hausse des bénéfices. Cela posé, le gérant danois, tout comme François-Marie Wojcik, PDG de Métropole Gestion, soulignent qu'il faut laisser du temps à ce type de gestion, et que ce n'est pas la peine d'investir dans des fonds value lorsqu'on a un horizon de placement de six mois. D'ailleurs il est difficile de trouver des clients avec une optique de long terme, parce qu'ils sont influencés par la réglementation. Et, dans l'optique de Solvabilité II, Nicholas Davidson, gérant de portefeuille senior chez AllianceBernstein, a souligné qu'il incombe aux commerciaux et aux gérants d'aider les assureurs à utiliser de manière optimale leur budget de risque, ce qui peut passer actuellement par des produits à faible volatilité et faible beta.
Autre difficulté mise en exergue par Per Kronberg Jensen : le problème de la transparisation des portefeuilles, sachant que les gérants value ont tendance à investir dans des sociétés peu endettées et donc rarement notées et, souvent, dans des valeurs petites à moyenne, qui recèlent un gros potentiel d'appréciation mais s'avèrent moins " lisibles" pour le régulateur.
Rares sont les investisseurs qui, comme Alain Leriche, directeur général d' EDF Investissement Groupe en Belgique, peuvent affirmer être prêts " à subir sinon à souffrir longtemps" et se focaliser sur la préservation du patrimoine plutôt que sur la performance.
Benoît Schouler, directeur général de Sparinvest France, a bien résumé la situation actuelle en indiquant qu'a priori, il devrait être facile de vendre du " value" , puisque les valeurs ne sont pas chères. Mais il faut déjà surmonter la peur irraisonnée et sans discernement qui prévaut chez les investisseurs. Et ensuite batailler pour obtenir un investissement en actions alors que la réglementation fait tout pour décourager ce genre de placement " à risque" . François-Marie Wojcik a cependant introduit une note d'optimisme à ce sujet au cours du débat, en soulignant que, de toutes façons, beaucoup d'assureurs sont déjà quasiment à zéro sur les actions, si bien qu'ils devront bien revenir tôt ou tard sur cette classe d'actifs...
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