Le spectre du Brexit hante l'économie britannique

le
0
    par Kylie MacLellan et William James 
    LONDRES, 5 juillet (Reuters) - Les craintes des retombées 
économiques du "Brexit" ont mis à mal mardi le marché de 
l'immobilier en Grande-Bretagne et entraîné la livre sterling à 
un nouveau plus bas de 31 ans, au moment où les députés 
conservateurs des Communes entamaient le processus de sélection 
du futur Premier ministre. 
    La ministre de l'Intérieur Theresa May et Andrea Leadsom, 
secrétaire d'Etat à l'Energie, font figure de favorites pour 
succéder à David Cameron, qui a annoncé après le référendum du 
23 juin son intention de quitter ses fonctions. 
    Le processus de sélection du chef du gouvernement doit 
s'échelonner jusqu'au début septembre, mais les signes d'un 
impact négatif du "Brexit" sur le commerce, l'investissement et 
la confiance des entreprises commencent à voir le jour. 
    Aviva Investors a annoncé mardi avoir suspendu la cotation 
de son fonds de biens immobiliers britanniques du fait de 
"circonstances extraordinaires sur les marchés". La veille, 
Standard Life  SL.L  avait pris une mesure analogue à la suite 
d'une ruée des investisseurs pour racheter leurs parts. 
    La livre, dont le cours illustre pleinement les craintes des 
marchés, est tombée mardi sous les 1,31 dollar pour la première 
fois depuis 1985, et s'échange désormais face au billet vert à 
12% en dessous de son niveau d'avant le référendum. La devise 
britannique cédait du terrain également, mardi, face à l'euro. 
    "Certains éléments montrent que des risques ont commencé de 
se cristalliser", a estimé la Banque d'Angleterre (BoE), en 
annonçant mardi des mesures visant à encourager les banques à 
continuer à prêter. 
    La BoE a ainsi décidé de renoncer à son initiative de mars 
de durcir les conditions de constitution des fonds propres 
imposées aux banques pour se protéger des retournements de 
cycle, libérant ainsi jusqu'à 150 milliards de livres (177 
milliards d'euros) pour le crédit.   
     
    DEUXIÈME TOUR DE SCRUTIN PRÉVU JEUDI 
    Avant la tenue du référendum, David Cameron, les autres 
partisans du "In" mais aussi les institutions financières 
avaient bombardé les électeurs d'avertissements leur signifiant 
qu'un Brexit plongerait le Royaume-Uni dans la récession, en 
mettant en péril son accès au marché unique européen. 
    Sur fond de désarroi aussi bien chez les Tories qu'au sein 
de l'opposition travailliste, où l'on avait appelé à voter le 23 
juin pour le "maintien" dans l'Union européenne, les 331 députés 
conservateurs de la Chambre des Communes ont entamé mardi le 
processus de sélection du futur Premier ministre. 
    Cinq candidats sont en lice pour la succession de Cameron et 
à l'issue du premier vote, le candidat ayant remporté le moins 
de suffrages sera éliminé. Le résultat doit être annoncé vers 
18h00 GMT. 
    Un nouveau tour de scrutin aura lieu jeudi. Le processus se 
poursuivra jusqu'à ce qu'il ne reste que deux candidats. Les 
deux restants seront départagés par les quelque 150.000 
adhérents du Parti conservateur. 
    Selon un sondage pour le site internet ConservativeHome, 
Theresa May, seule candidate ayant fait campagne pour le 
maintien, a le soutien de 37% des membres du Parti conservateur 
et Andrea Leadsom, qui a reçu lundi l'appui de l'ancien maire de 
Londres Boris Johnson, de 38%.  
    Les trois autres candidats sont le ministre de la Justice 
Michael Gove, le ministre du Travail et des Retraites Stephen 
Crabb et l'ancien ministre de la Défense Liam Fox, qui devrait 
être le candidat éliminé ce mardi. 
 
 (avec Michael Holden et James Davey; Danielle Rouquié et Eric 
Faye pour le service français) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant