Le soutien de l'Onu à une offensive de la RDC remis en question

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par Michelle Nichols et Aaron Ross NATIONS UNIES/KINSHASA, 31 janvier (Reuters) - Les Nations unies ne pourront peut-être pas soutenir une opération militaire contre les rebelles rwandais dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) parce que le Congo a nommé pour diriger l'offensive un général accusé de violation des droits de hommes, a-t-on appris vendredi auprès de diplomates et de responsables. Le général Bruno Mandevu a été nommé dimanche à la tête de cette opération que va mener l'armée de RDC, contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des rebelles hutus. Cette opération doit en principe être menée avec le soutien de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). Or, Bruno Mandevu a été placé sur la "liste rouge" de la Monusco parce qu'il est accusé de 121 violations des droits de l'homme, parmi lesquelles des exécutions sommaires et des viols, indiquent des diplomates occidentaux ayant requis l'anonymat. "Si, en raison du passé des unités ou de leurs commandants, il y a des motifs substantiels de croire qu'il y a un risque réel qu'ils commettent de graves violations des droits humains, le soutien à ces unités sera retiré, sauf si des mesures correctives appropriées peuvent être mises en place", a déclaré un haut responsable de la Monusco à Reuters. "Dans ce cas particulier, ce processus a mis en lumière quelques inquiétudes qui ont été portées à l'attention du gouvernement de RDC. Des discussions sont en cours au plus haut niveau pour y répondre", a ajouté le responsable. A New York, un haut responsable des opérations de maintien de la paix rappelle que l'Onu doit "s'assurer que son soutien à des forces n'appartenant pas à l'Onu ne contribuera pas à de graves violations des droits humains". Lors de l'offensive de 2009 contre les FDLR soutenue par les Nations unies, les militaires congolais avaient été accusés par les associations de défense des droits de l'homme d'avoir massacré des centaines de civils et d'avoir commis de nombreuses exactions. L'armée congolaise nie l'ampleur des infractions dont on l'accuse. En 2013, la Monusco avait menacé de retirer son soutien à deux bataillons congolais accusés d'avoir participé à des viols à une grande échelle. La mission avait finalement maintenu son travail avec les deux bataillons après la suspension de 12 haut gradés dont les commandants et commandants adjoints, et l'inculpation pour viol d'une dizaines de soldats. Dimanche, lors d'une réunion avec le chef de la Monusco Martin Kobler et les représentants des Etats-Unis, de la France, de la Belgique, du Royaume-Uni et de l'Union européenne, le président congolais Joseph Kabila a indiqué qu'il ne s'agirait pas d'une opération commune avec les Nations unies, mais d'une opération des FARDC (Forces armées de RDC), racontent des diplomates sous le sceau de l'anonymat. Joseph Kabila a dit à ses interlocuteurs que le chef d'état-major des FARDC Didier Etumbas allait fournir un plan opérationnel révisé pour l'opération contre les FDLR. Cette organisation regroupe d'anciens militaires et des miliciens hutus responsables du génocide de 1994 au Rwanda. (Danielle Rouquié pour le service français)

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