Le Soudan du Sud refuse que l'Onu dirige une force régionale

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    par Denis Dumo 
    JUBA, 10 août (Reuters - Le Soudan du Sud a annoncé mercredi 
s'opposer à ce que des troupes étrangères appelées à être 
déployées sur son sol soient placées sous commandement des 
Nations unies, ce que souhaitent plusieurs pays occidentaux et 
des pays de la région dans l'espoir d'éviter que les violences 
dans le pays ne dégénèrent en nouvelle guerre civile.  
    Le gouvernement sud-soudanais a annoncé la semaine dernière 
qu'il acceptait le déploiement de troupes africaines à Juba pour 
s'interposer dans le conflit entre le président Salva Kiir et 
son ancien vice-président Riek Machar. 
    Mais mercredi, le ministre de l'Information, Michael Makuei, 
a déclaré que la force régionale devait être indépendante et non 
placée sous commandement de l'Onu, en reprochant aux Etats-Unis 
de vouloir forcer la main au gouvernement.  
    "Nous ne voulons pas que la force de protection soit sous le 
commandement de la Minuss", a-t-il dit, accusant la Mission des 
Nations unies au Soudan du Sud, actuellement forte de 12.000 
soldats, de pas assurer la protection des civils. 
    Il a ajouté que la proposition américaine qui vise à 
dépêcher à Juba une force supplémentaire de 4.000 soldats pour 
assurer le maintien de la paix avait pour objectif réel de 
"transformer le Soudan du Sud en protectorat". 
    La proposition de Washington, en cours de discussion au 
Conseil de sécurité de l'Onu, prévoit un embargo sur les armes 
en cas de refus de Juba. 
    "Il y a une division nette au sein (du Conseil de sécurité 
de l'Onu) entre ceux qui insistent sur la souveraineté avant 
tout et ceux qui veulent être certains qu'il y aura une force de 
protection solide", a expliqué une source diplomatique haut 
placée au sein du Conseil sous le sceau de l'anonymat. 
    Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a sombré dans la 
guerre civile deux ans plus tard après la mise à l'écart de Riek 
Machar. Le conflit a fait des milliers de morts et des millions 
de déplacés jusqu'à la mise en place d'un cessez-le-feu en 2015. 
    Cette trêve est régulièrement violée depuis.  
    Les violences du mois dernier ont fait plus de 270 morts et 
poussé 60.000 personnes à fuir le pays. Riek Machar a indiqué 
qu'il ne rentrerait à Juba, où un gouvernement d'union a été mis 
en place, que si une force d'interposition internationale était 
déployée dans la capitale.    
 
 (Tangi Salaün et Marc Angrand pour le service français) 
 
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