Le Soudan du Sud, pays sans État

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Des Sud-Soudanais réfugiés dans une base onusienne située près de l'aéroport de Juba pour échapper aux violences.
Des Sud-Soudanais réfugiés dans une base onusienne située près de l'aéroport de Juba pour échapper aux violences.

Deux ans à peine après sa création, obtenue après des décennies de guerre civile, le Soudan du Sud va-t-il à nouveau sombrer dans le chaos ? Un demi-millier de personnes sont mortes, 15 000 ont été déplacées et le reste des habitants de la capitale Juba sont terrés chez eux depuis dimanche soir, après que des combats ont éclaté entre factions rivales de l'armée. Le président Salva Kiir est formel. Il a déjoué une tentative de coup d'État fomenté par son rival et ancien vice-président Riek Machar, désormais en fuite. Mais ce dernier jure le contraire. "Ce qui s'est passé à Juba est un malentendu entre membres de la garde présidentielle", a-t-il assuré mercredi au site internet Sudan Tribune, tout en accusant Salva Kiir de ne plus être "un président légal". Sous la pression de l'ONU, ce dernier se dit désormais prêt à discuter avec son rival.

La crise remonte en réalité à l'été dernier. En juillet, le chef de l'État limoge son vice-président, ainsi que les 29 ministres du gouvernement et leurs adjoints. "Bien que légale, cette manoeuvre a été vécue comme une dérive autoritaire du président dans l'optique de la présidentielle de 2015 qu'il brigue", souligne l'anthropologue Christian Delmet, chercheur au Centre d'études des mondes africains (Cemaf). "Salva Kiir comme Riek Machar veulent s'éliminer mutuellement de la course."Rivalité ancienne

La rivalité entre ces deux mastodontes de la politique sud-soudanaise ne date...

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