Le sort du rentier français en immobilier est confortable

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L'immobilier a peu baissé sur un an. Evoluant depuis près de 20 ans sur un mode plus favorable que d'autres actifs, le placement immobilier a été en moyenne très rentable. Reste que la dynamique des mises en chantier actuellement traduit des problèmes d'aménagements de territoire encore jamais résolus.

D'après l’INSEE, le prix moyen de l'immobilier ancien recule de 1,4% sur un an. Un infléchissement sans « véritable rupture » remarque Philippe Waechter directeur de la recherche économique de Natixis AM.

 

Pour ce spécialiste des marchés, l’immobilier a évolué depuis 1996 sur un mode nettement plus favorable que les autres actifs. Le CAC 40 a connu des fluctuations spectaculaires. Les ajustements ont été brutaux et la reprise du marché boursier en 2013 laisse l’indice boursier encore 20% au dessous du prix de l’immobilier. Au regard de l’évolution du revenu disponible des ménages, l’écart est actuellement de 32%. Enfin, les prix à la consommation ont progressé nettement moins vite que le prix de l’immobilier durant toute la période. L’écart à la fin 2013 est de 48%.

 

En termes réels, l’investissement immobilier a été en moyenne très rentable. « Le sort du rentier qui privilégie l’immobilier est plus confortable que celle du salarié ou de l’investisseur ». La mutualisation du prix notamment en 2008 via des mesures fiscales, (défiscalisation des intérêts, etc.), a permis au prix immobilier de ne plus être un signal puisque les effets fiscaux permettaient d’en mutualiser la hausse et finalement d’en réduire l’impact en tant que signal de cherté.

 

Le prix de l’immobilier est aujourd'hui très élevé par rapport au revenu des ménages. L’allongement des durées de prêts et les taux d’intérêt très bas compensent un peu mais c’est aussi une façon de conserver des prix forts. Enfin la dynamique réduite de mises en chantiers révèle son insuffisance au regard d’une population qui continue de croître rapidement. Pire, elle est inégalement répartie sur le territoire français parce que les bassins d’emplois sont concentrés à quelques métropoles pour lesquels la densité de construction est déjà forte. Bref « les questions immobilières traduisent bien les problèmes d’aménagement du territoire jamais résolus » conclut Philippe Waechter.

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