Le sommet franco-italien de Rome dominé par l'agenda européen

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UN SOMMET FRANCO-ITALIEN À ROME DOMINÉ PAR L'AGENDA EUROPÉEN
UN SOMMET FRANCO-ITALIEN À ROME DOMINÉ PAR L'AGENDA EUROPÉEN

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - François Hollande tentera mercredi de profiter du sommet franco-italien et de sa proximité avec le président du Conseil italien Enrico Letta pour bâtir des positions communes, notamment sur l'Europe de la Défense, thème du sommet européen de décembre.

Le président français sera accompagné à Rome par Jean-Marc Ayrault et 11 ministres, dont ceux des Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, qui tiendront un conseil franco-italien séparé de défense et de sécurité.

Paris et Rome ont déjà pris date pour le projet européen de nouvelle génération de drones MALE (moyenne altitude-longue distance) à l'horizon 2020 grâce à l'union de Dassault Aviation, d'EADS et du groupe italien Finmeccanica.

"Il faut s'assurer que la prochaine génération de drones soit européenne", dit-on à l'Elysée, après que la décision de la France de commander des drones de surveillance Reaper au groupe américain General Atomics a mis au jour les lacunes de l'industrie européenne dans ce type d'armement.

Le recours aux drones de surveillance s'est fortement accru ces dernières années sur les théâtres d'opérations militaires tels que l'Afghanistan, la Libye ou le Mali mais l'Europe veut aussi s'en doter pour surveiller ses propres frontières.

En première ligne pour la gestion des réfugiés clandestins, l'Italie a demandé au Conseil européen de se saisir de la question pour prévenir de nouvelles crises liées à l'arrivée sur les côtes de l'île de Lampedusa de milliers de migrants.

Le Conseil européen de décembre se penchera sur la question d'augmenter les moyens de l'agence Frontex et du système Eurosur, une demande qui devrait être appuyée par Paris qui a déjà accepté de prendre "sa part du fardeau".

François Hollande et Enrico Letta doivent aussi se pencher sur la volonté exprimée par les Européens de procéder à l'achat groupé de ravitailleurs en vol, de développer un système commun de satellites de communication et de lutter contre le cyber-espionnage qui avait bouleversé l'agenda européen en octobre.

"IL FAUT TENIR LE CALENDRIER"

Sur le font de l'Union économique et monétaire, les deux dirigeants veulent s'assurer que le volet dit de "résolution" de l'union bancaire, un des sujets majeur à l'agenda européen, ne prendra pas de retard.

Les pays de la zone euro ont déjà accepté de placer leurs banques sous la supervision unique de la Banque centrale européenne (BCE) dès novembre 2014 mais ils doivent encore se mettre d'accord sur une méthodologie pour recapitaliser une banque ou la démanteler sans créer de crise systémique.

"Il faut tenir le calendrier", dit-on à l'Elysée alors que des divergences persistent avec l'Allemagne, où la chancelière Angela Merkel négocie toujours un programme pour former une "grande coalition" avec les sociaux-démocrates.

Un accord politique au Conseil de décembre permettrait de mettre sur les rails le volet résolution de l'union bancaire avant la pause législative due aux élections européennes.

L'Italie prendra la présidence tournante du Conseil européen au second semestre 2014, juste après cette échéance électorale, et aura donc un rôle de médiateur à jouer dans la distribution des postes à la Commission européenne et au Parlement.

"C'est un moment très spécifique où les institutions seront en train d'être renouvelées", souligne-t-on de source diplomatique française.

La France lorgne les portefeuilles de l'Energie ou des Affaires économiques de la prochaine Commission européenne.

Sur le plan bilatéral, les deux pays devraient confirmer leur volonté d'engager définitivement le tunnel du Lyon-Turin afin de profiter des financements de l'Union européenne qui prévoit d'assurer 40% des coûts.

Edité par Yves Clarisse

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