Le sommet de Minsk sur l'Ukraine parti pour durer

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* Longues discussions à quatre dans la capitale biélorusse * Porochenko craint que la situation échappe à tout contrôle * De nombreux points à régler, encore des violences en Ukraine par Elizabeth Pineau et Pavel Polityuk MINSK, 12 février (Reuters) - Les dirigeants français, allemand, ukrainien et russe poursuivaient tôt jeudi matin à Minsk des pourparlers difficiles pour tenter de s'entendre sur un plan de paix pour l'est de l'Ukraine, en proie à une violence continue. Réunis depuis plus de six heures dans la capitale biélorusse, tantôt entre eux, tantôt avec leurs délégations, François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine semblaient décidés à mener à bout leurs discussions visant à parvenir à une mise en oeuvre effective des accords de Minsk signés en septembre, jamais respectés sur le terrain. Signe de cette volonté de poursuivre, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a fait savoir qu'il repoussait son départ prévu pour le Brésil, première étape d'une tournée sud-américaine. "Les pourparlers de Minsk ne sont pas simples et se poursuivent", a dit un membre de son cabinet. En cours de discussions au palais de l'Indépendance de la capitale biélorusse, un membre de la délégation ukrainienne a évoqué la signature possible d'une déclaration commune soutenant l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine. Un document séparé pourrait selon lui être également préparé par le "groupe de contact" constitué de la Russie, de l'Ukraine et de l'OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe) pour confirmer la mise en oeuvre du protocole de Minsk, signé en septembre dernier, y compris par les séparatistes pro-russes, et prévoyant un cessez-le-feu. Au terme d'une semaine de marathon diplomatique, François Hollande et Angela Merkel se sont concertés dans l'avion de la chancelière posé sur le tarmac de l'aéroport de Minsk avant de faire leur entrée dans le palais de l'Indépendance où ils ont été accueillis par le président biélorusse Alexandre Loukachenko. Le tandem franco-allemand, qui espère faire taire les armes, a entamé la soirée par une rencontre à trois avec le président ukrainien Petro Porochenko. "Soit la situation prend la voie de la désescalade, d'un cessez-le-feu (...), soit elle échappe à tout contrôle", a déclaré ce dernier à son arrivée au palais de Minsk. Le président russe Vladimir Poutine a été le dernier à pénétrer dans le bâtiment de l'ancienne république soviétique indépendante depuis 1991, qui vit avec ce sommet le moment diplomatique le plus intense de sa courte histoire. Vladimir Poutine et Petro Porochenko se sont serré la main devant les caméras. CONSEIL EUROPÉEN JEUDI A l'approche du sommet, la Russie a fait assaut d'optimisme, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ayant estimé mercredi que des "progrès notables" avaient été réalisés lors de la préparation des discussions, qui ont occupé mardi à Minsk les conseillers diplomatiques des quatre dirigeants et, parallèlement, le groupe de contact rassemblant l'OSCE, la Russie, l'Ukraine et des représentants des séparatistes. A Paris et à Berlin, on s'est en revanche montré prudent quant à une issue positive d'une semaine d'efforts diplomatiques engagés jeudi dernier par François Hollande et Angela Merkel. Le porte-parole de cette dernière a évoqué "une lueur d'espoir" de résoudre la crise, mais rien de plus. "Nous allons vers Minsk avec la ferme volonté d'aboutir, sans être sûrs de pouvoir le faire, et chacun devra être mis devant ses responsabilités", a dit mardi François Hollande. Parmi les nombreuses questions en suspens figurent le statut des régions aux mains des séparatistes, dont le territoire s'est étendu de 500 km2 depuis les accords de Minsk, la garantie des frontières, le respect du cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes des zones de combat. Sur le terrain, les violences continuent. Kiev a annoncé que 19 de ses soldats avaient été tués et 78 blessés en une journée lors des assauts menés par les rebelles près de la ville stratégique de Debaltseve, entre Donetsk et Louhansk. ( ID:nL5N0VL36I ) L'Ukraine est prête à instaurer la loi martiale sur tout le territoire national en cas d'escalade du conflit, a averti Petro Porochenko, qui présentera les résultats des discussions jeudi à Bruxelles lors du Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne. En l'absence de progrès, un renforcement des sanctions contre la Russie est probable. Le président Barack Obama s'interroge sur un possible armement des Ukrainiens et le commandant de l'US Army en Europe, le général Ben Hodges, a annoncé mercredi que l'armée américaine participerait à la formation des troupes ukrainiennes engagées dans les combats contre les rebelles pro-russes. La guerre dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 5.000 morts depuis avril dernier. Kiev accuse la Russie de fournir des armes, des troupes et de l'argent aux séparatistes, ce que dément le Kremlin. (Avec Aleksandar Vasovic, Alessandra Prentice, Stephen Brown et Margarita Chornokondatrenko, édité par Tangi Salaün)

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