Le soldat israélien qui a abattu un Palestinien blessé en procès

le
0
    par Rami Amichay 
    JAFFA, Israël, 9 mai (Reuters) - Le procès pour homicide 
d'un soldat israélien accusé d'avoir abattu un Palestinien 
blessé et désarmé après une agression au couteau s'est ouvert 
lundi, braquant les projecteurs sur l'usage excessif de la force 
dont sont régulièrement accusées les forces de sécurité 
israéliennes. 
    L'arrestation du sergent Elor Azaria, filmé en train de 
tirer une balle dans la tête du Palestinien alors que celui-ci 
était à terre, a suscité une vive polémique en Israël. Selon un 
sondage réalisé, une majorité d'Israéliens ne voulaient pas que 
le soldat soit jugé par une cour martiale. 
    L'incident s'est déroulé en mars à Hébron, une ville de 
Cisjordanie où la coexistence entre les Palestiniens et une 
poignée de colons juifs est particulièrement tendue. 
    L'homme abattu par le sergent Azaria venait de blesser un 
soldat israélien d'un coup de couteau lors d'une des nombreuses 
agressions à l'arme blanche ou à la voiture bélier qui secouent 
Israël depuis le mois d'octobre. L'autopsie a montré que sa mort 
avait bien été provoquée par la balle tirée par le soldat. 
    Cette affaire est venue étayer les accusations d'exécutions 
extrajudiciaires portées à maintes reprises par les autorités 
palestiniennes contre les forces de sécurité israéliennes, ce 
que ces derniers démentent. 
    Elor Azaria, un conscrit qui a la double nationalité 
franco-israélienne, est le premier soldat de Tsahal a être 
poursuivi en justice pour usage illégal de la force létale 
depuis le début de l"intifada des couteaux". 
    Il y a deux mois, les ministres d'extrême droite ont mis en 
garde Benjamin Netanyahu contre un "procès spectacle" et le 
Premier ministre a téléphoné à la famille du soldat pour lui 
faire part de sa "compréhension" et l'assurer qu'il serait 
traité équitablement. 
     
    POLÉMIQUE 
    Les procureurs militaires ont indiqué qu'en l'absence de 
preuve de préméditation, Elor Azaria serait jugé pour homicide 
et non pour meurtre. Il risque 20 ans de prison. 
    "La justice éclatera au grand jour", a déclaré à la presse 
Binyamin Malka, un des avocats du soldat, qui a reçu l'accolade 
de sa mère avant l'ouverture de son procès à Jaffa, près de Tel 
Aviv. 
    Selon l'armée israélienne, Elor Azaria a dit aux enquêteurs 
qu'il pensait que l'homme qu'il a assassiné pouvait porter une 
ceinture d'explosifs et représenter un danger, bien qu'il ait 
été "neutralisé". 
    La polémique suscitée par cette affaire a rebondi la semaine 
dernière lorsqu'un officier supérieur de Tsahal, le général Yair 
Golan, a exprimé pendant un discours au mémorial de la Shoah son 
inquiétude de voir dans la société israélienne d'aujourd'hui 
"des signes" de la barbarie dont ont fait preuve les nazis 
pendant la Seconde guerre mondiale. 
    Evoquant explicitement l'homicide filmé à Hébron, il a aussi 
condamné un "usage aberrant des armes" et souhaité la tenue d'un 
procès impartial.  
    Devant le tollé soulevé par ces propos, l'armée a publié un 
communiqué dans lequel elle a indiqué que le général Golan avait 
mis au clair le fait qu'il n'avait absolument pas eu l'intention 
de faire une "comparaison absurde et infondée" entre Tsahal et 
le nazisme. 
     
 
 (Rami Amichay; Tangi Salaün pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant