Le social-démocrate François Hollande à l'heure des choix

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FRANÇOIS HOLLANDE À L'HEURE DES CHOIX
FRANÇOIS HOLLANDE À L'HEURE DES CHOIX

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Les Français sauront mardi si François Hollande affiche clairement une ligne social-démocrate lorsqu'il précisera ses ambitions en matière de baisse des charges pour les entreprises et de réduction des dépenses publiques, au risque de s'aliéner l'aile gauche de sa majorité.

De lourds dossiers attendent le président en 2014, année charnière que le chef de l'Etat au pouvoir depuis 20 mois lancera lors d'une troisième conférence de presse d'une heure trente devant plus de 500 journalistes conviés à l'Elysée.

"Plus vite, plus loin, plus fort" : tel est, selon un conseiller, le mot d'ordre du chef de l'Etat pour 2014.

"La fin de l'année 2013 a été marquée par de premiers résultats favorables : début de décrue du chômage et reprise économique, même si elle reste encore modérée. En 2014, il s'agira de mener une action encore plus forte encore plus résolue, encore plus intense contre le chômage", dit-il.

Face à une dette qui frôle les 100% du produit intérieur brut, une désindustrialisation accélérée et un chômage élevé, le président a choisi comme clés de la relance des coupes dans les dépenses publiques et une aide à la compétitivité des entreprises.

"Ce qui n'a pas été fait en 2011, 2012 et 2013, c'est autant de chemin supplémentaire à parcourir pour les années à venir", résumait cette semaine le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, mettant en garde contre "la remontée prévisible des taux d'intérêts qui accompagnera tôt ou tard le retour de la croissance".

PACTE

Le président doit expliciter mardi le contenu du "pacte de responsabilité" annoncé lors des ses voeux du 31 décembre, fondé sur l'idée de partager les charges sur le travail et les contraintes des entreprises avec, en contrepartie, plus d'embauches et de dialogue social.

"Des précisions seront apportées mais un pacte c'est un pacte et il sera nourri par le dialogue", explique un conseiller de François Hollande à propos de cette idée approuvée par sept Français sur dix selon un sondage CSA.

"Rien ne pourra se faire sans la participation des entreprises", répétait le président jeudi à Toulouse, où il a vanté les mérites de son "choc de simplification" pour les patrons et dans des domaines cruciaux comme la construction.

Laurent Fabius, numéro deux du gouvernement, a dit "partager pleinement" l'orientation du président.

"Adaptation, accélération, amplification ? Peu importe la sémantique, je considère que le chef de l'Etat indique la stratégie économique indispensable aujourd'hui pour le redressement", déclarait vendredi le ministre des Affaires étrangères dans Les Echos.

Le président de l'Assemblée nationale, pourtant peu avare de critiques envers le gouvernement, a lui aussi appuyé le cap présidentiel, invitant à "en finir avec cette idée folle selon laquelle il faudrait choisir entre la chose économique et la chose sociale".

Claude Bartolone approuve l'idée de "mettre en place, non pas une politique de l'offre ou une politique de la demande - cela n'a plus aucun sens dans le nouveau monde - mais une politique de croissance contre l'austérité et la souffrance".

Deux jours plus tôt à l'Elysée, le chef de l'Etat avait détaillé devant les hauts fonctionnaires la réforme indispensable d'un Etat "trop lourd, trop lent, trop cher", à l'organisation "de plus en plus mystérieuse".

"Qui fait quoi dans notre pays, qui est responsable de quoi et qui paie en dernier ressort? Convenons que les réponses ne sont pas toujours apportée de façon claire ?", a dit le président, pour qui "réformer l'Etat, c'est le rendre plus efficace" et donc "dépenser moins".

EUROPE

François Hollande a même promis d'en finir avec "les excès" et "les abus" de la Sécurité sociale.

"Chiche", ont répondu en choeur les ténors de la droite, tandis que le président du Medef, Pierre Gattaz, se déclarait prêt à jouer le jeu avec l'Elysée.

L'aile gauche du PS a protesté et le leader de la CGT, Thierry Lepaon, a dénoncé une "façon très claire de trancher en faveur du capital contre l'emploi, le développement social et les salariés".

"François Hollande, président socialiste ? On pourrait en discuter", a ironisé pour sa part le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

Mais Aquilino Morelle, conseiller politique du président, repousse toute idée de virage vers davantage de libéralisme.

"Il n'y eu aucune inflexion économique, aucun tournant politique. Mais un approfondissement, une accélération et une clarification. C'est la même politique mais qui doit aller en 2014 plus vite, plus loin, plus fort", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des agences de presse.

Si les questions économiques et sociales domineront la conférence de presse, qui sera précédée d'un propos liminaire de François Hollande, la diplomatie sera aussi abordée, à l'heure où la France est engagée militairement en Centrafrique et au Mali.

Le président parlera aussi construction européenne et initiatives franco-allemandes. "Il veut faire de 2014 une grande année européenne", dit un conseiller.

La vie privée fera aussi une intrusion, quatre jours après la révélation par le magazine Closer d'une relation supposée entre François Hollande et l'actrice Julie Gayet.

Le président, qui n'a pas démenti cette liaison, plaide le respect de la vie privée due à tout citoyen.

Avec Emmanuel Jarry, Jean-Baptiste Vey et Julien Ponthus, édité par Gérard Bon

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  • cavalair le dimanche 12 jan 2014 à 14:04

    Claude Bartolone approuve l'idée de "mettre en place, non pas une politique de l'offre ou une politique de la demande - cela n'a plus aucun sens dans le nouveau monde - mais une politique de croissance contre l'austérité et la souffrance". Blabla blabla bla ca ne veut rien dir.e des mots. toujours des mots. encore des mots