Le smartphone, futur allié de Bollywood face au piratage?

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    par Himank Sharma 
    BOMBAY, 6 avril (Reuters) - Les productions filmiques à 
l'eau de rose de Bollywood sont suivies par des millions de 
fans, sans que cela vienne pour autant alimenter les recettes de 
la première industrie cinématographique mondiale. 
    L'Inde dispose de 10.000 salles de cinéma environ, soit huit 
par million d'habitants contre 120 aux Etats-Unis et 30 en 
Chine, selon le distributeur numérique UFO Moviez  UFOM.NS . 
    Cette faible densité explique que pour la plupart des 
Indiens, le piratage est le seul moyen de voir des films, ce qui 
coûte à l'industrie 30% environ de recettes potentielles brutes 
perdues annuellement. 
    Sept Indiens sur 10 regardent au moins une vidéo en ligne 
tous les mois et on estime que dans les trois ans à venir près 
de 90% de l'ensemble des données d'internet seront consacrées en 
Inde à la vision en ligne de films et de programmes de 
télévision. 
    L'industrie cinématographique espère qu'un contenu correct 
et bon marché, peut-être 25 roupies (33 centimes d'euro) pour un 
film vu en "streaming" sur un téléphone mobile, à la faveur du 
déploiement prochain des réseaux 4G, découragera le piratage. 
    "Même si on arrive à avoir seulement une petite partie des 
gens qui payent avec leur combiné, on estime que c'est un marché 
qui peut devenir plus gros que celui du box office", dit Girish 
Johar, directeur des recettes d'Essel Vision Production, filiale 
de Zee Entertainment Enterprises  ZEE.NS , l'un des plus grands 
groupes de médias indien. 
    Le supplément de profit pour les studios de cinéma 
proviendra pour une large part des contenus en langue locale 
diffusés par des plateformes de streaming telles que Netflix 
 NFLX.O , qui s'est lancé en Inde cette année et qui développe à 
marche forcée son catalogue en hindi. 
    Ses concurrents locaux, quoique soucieux de développer des 
partenariats avec les sociétés de vidéo en ligne, lancent leurs 
propres plate-formes et c'est une nouvelle source de revenus 
pour les sociétés de production qui retirent peu des salles des 
cinéma ou des ventes de DVD. 
    Il reste qu'il va falloir convaincre les Indiens de payer 
pour avoir du contenu, ce qui ne va pas de soi. L'usage 
croissant des mobiles comme moyen de paiement pour de petits 
achats peut y contribuer, ainsi que le développement de contenus 
uniques, estiment des experts.  
    D'autres disent que le secret de la réussite, ce sont des 
contenus gratuits financés par la publicité.  
    "Les annonceurs ont une plus grande visibilité par le biais 
des mobiles tout simplement parce qu'il y a en Inde plus de 
téléphones que de téléviseurs", observe Hemant Joshi, du 
consultant Deloitte. "Et cela ne fera que croître et embellir". 
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît 
Van Overstraeten) 
 

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