Le site Airbnb visé par la justice new-yorkaise

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Le mode d'hébergement de particuliers proposé par Airbnb contrevient à une loi new-yorkaise promulguée en 2011 visant à limiter la concurrence déloyale aux hôtels.

La nouvelle a de quoi intéresser de nombreux voyageurs, adeptes des bons plans: un particulier new-yorkais qui louait son appartement par le biais de la plate-forme Airbnb a été condamné mardi à verser une amende de 2400 dollars (1855 euros). Il contrevenait à la législation hôtelière en vigueur à New York. La «New York hotel law» stipule en effet qu'il est impossible de proposer un hébergement payant pour une durée inférieure à 29 jours en son absence, afin de ne pas nuire aux hôtels de la ville.

Or, c'est précisément le service proposé par Airbnb. Fondé en 2008, le site met en relation des propriétaires ou locataires et des personnes cherchant un hébergement temporaire dans plusieurs milliers de villes dans le monde. Un voyageur peut choisir et réserver en ligne pour un certain nombre de nuits, photos à l'appui, une chambre, ou l'appartement entier si les habitants sont absents. Airbnb se charge de recevoir le paiement et de le reverser à l'occupant habituel. Il offre également un système communautaire d'échange et de recommandations sur les hôtes et les voyageurs.

L'aspect pratique et la variété des prix proposés par le site l'ont placé dans le viseur des entreprises hôtelières. C'est en se référant à la «New York hotel law» que la ville a assigné devant un tribunal Nigel Warren, lui demandant 7000 dollars (5430 euros) pour avoir loué son appartement à une femme russe durant trois nuits pour 300 dollars (230 euros). Airbnb avait même aidé la défense de Nigel Warren en lui fournissant un avocat. Sans succès.

Un motif d'accusation qui ne concerne pas tous les hôtes

Pour autant, tous les hébergeurs référencés ne sont pas menacés. Selon le site Business Insider , il faut que la police se soit rendue sur place d'abord pour un motif qui justifie une intervention - nuisance sonore, problèmes de voisinage - pour constater ensuite le délit lié à la «illegal hotel law». Les motifs qui ont poussé les services de contrôle à se rendre chez Nigel Warren ne sont pas connus. Le New-Yorkais avait déjà reçu à deux reprises des personnes chez lui par Airbnb, sans que l'on sache si les pouvoirs publics en avaient été avisés.

Déçue, la société estime que cette affaire montre «combien il est difficile pour les hôtes et même les entreprises comme la nôtre de comprendre des lois» qui ne sont pas censées s'appliquer à ce type de cas. Promulguée en 2011, la «illegal hotel law» vise à lutter contre les propriétaires qui achètent des résidences pour les transformer en hôtels non déclarés. Un problème qui ne concerne pas les hébergeurs particuliers, selon Airbnb. «87% des hôtes Airbnb à New York proposent un logement dans lequel ils vivent. Ce sont des New-Yorkais moyens qui essayent de joindre les deux bouts», défend la start-up. Elle espère d'ailleurs faire changer cette législation et clarifier son champ d'application.

En attendant, d'autres affaires du même type pourraient voir le jour à New York par la suite. Or, Airbnb réalise son meilleur chiffre dans la ville. L'affaire rappelle que ce mode d'hébergement provoque une inquiétude face à la nouvelle concurrence qu'il représente. Et souligne la difficulté qui se pose face à des législations différentes selon les pays. Plusieurs villes essaient d'ailleurs d'examiner quelles solutions juridiques s'offrent à elles contre Airbnb.

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