Le show était dans les tribunes du Vélodrome

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De nombreuses banderoles hostiles aux dirigeants ont été déployées dans les tribunes du Vélodrome dimanche lors du match entre Marseille et Bordeaux. Les joueurs en ont aussi pris pour leur grade, même s’ils ont été soutenus par séquences.

Les Marseillais s’attendaient forcément à un accueil particulier du Vélodrome pour la réception de Bordeaux (0-0). Ils n’ont pas dû être déçus. Trois semaines après la claque reçue contre Rennes (2-5) dans un environnement houleux, il ne pouvait en être autrement dans la foulée de la défaite à Bastia le week-end dernier (2-1). Mais comme annoncé par les différentes associations de supporters de l’OM dans la semaine, la colère des tribunes s’est clairement focalisée sur le ticket Margarita Louis-Dreyfus - Vincent Labrune. Il a été avant tout demandé à la propriétaire du club de le céder « à un repreneur ambitieux et sérieux », comme indiqué sur une banderole déployée dans un virage. « Mets les dollars ou casse-toi » ou « MLD go to Panama », en référence à sa citation dans l’affaire « Panama Papers », ont été les autres messages distillés par les supporters. Ces derniers ont d'ailleurs commis un impair sexiste sur l'une de leurs banderoles : « Margarita, retourne à ton vrai métier : femme au foyer ».

Michel copieusement sifflé

Bien évidemment, Labrune n’a pas échappé à la vindicte populaire. Peu ciblé par les banderoles, hormis un classique « Dirigeants, cassez-vous », le président de l’OM a en revanche été copieusement insulté dans divers chants lancés par les virages. Les supporters ont également appelé à sa démission, comme souvent ces derniers mois. Dans ce contexte hostile à défaut d’être bouillant, les joueurs n’ont pas été accablés par leur public. Michel non plus, même si une belle bronca a accompagné la citation de son nom au moment de la présentation des compositions des équipes. Si les fans étaient nombreux à attendre le bus à son arrivée au Vélodrome, fumigènes à l’appui, ce qui a contraint le conducteur à emprunter l’itinéraire bis pour se rendre au stade, les partenaires de Steve Mandanda ont même eu droit à des encouragements. Pas de grève organisée lors des quinze premières minutes, comme face à Rennes lors de la dernière sortie à domicile, sans que ce soit l’ambiance des grands soirs pour autant.

Benny Hill et les chèvres...

Mais ce n’est pas parce que les supporters avaient opté pour le soutien de leurs joueurs, après leur avoir intimé de leur « éviter l’humiliation d’une relégation », qu’ils n’ont pas pris pour leur grade. A plusieurs reprises au cours de la rencontre, la musique de Benny Hill, du nom de ce comique britannique à l’humour burlesque qui a sévi pendant une quarantaine d’années à la télévision, a résonné dans les virages du Vélodrome. Pour agrémenter le show, des effigies de chèvres défilaient dans les tribunes, accompagnées de René Malleville et de Bengous. Une animation pleine d’humour plus en adéquation avec ce que doit être l’ambiance dans les tribunes, même en temps de crise. La bronca descendue des tribunes au coup de sifflet final, au moment où la tension était montée d'un cran suite à l'arrivée des CRS pour prévenir d'éventuels débordements, rappelait néanmoins que la cocotte minute restait prête à exploser.
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