Le Sénat US vote un plan d'urgence pour Porto Rico, écrasé par sa dette

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    WASHINGTON, 30 juin (Reuters) - Le Sénat des Etats-Unis a 
adopté mercredi soir à une large majorité un plan d'urgence pour 
aider Porto Rico à faire face aux échéances de sa très lourde 
dette. 
    Le dispositif, déjà voté à la Chambre des représentants et 
que Barack Obama s'est dit prêt à promulguer, a été approuvé par 
68 voix contre 30.  
    Il prévoit de créer une commission fédérale de contrôle, 
dont les sept membres, désignés par Washington, auront le 
pouvoir de restructurer la dette non gérable de Porto Rico et de 
mettre en oeuvre une politique d'assainissement budgétaire si le 
gouvernement local s'en révèle incapable.  
    "Ce projet de loi n'est pas parfait, mais c'est un premier 
pas crucial sur la voie d'une reprise économique et d'un espoir 
renouvelé pour des millions d'Américains qui considèrent Porto 
Rico comme leur patrie", a déclaré Barack Obama. 
    Territoire associé aux Etats-Unis, Porto Rico, en 
difficultés économiques et victime de l'émigration de sa 
population vers les Etats-Unis qui le prive de rentrées 
fiscales, a accumulé une dette de 70 milliards de dollars. 
    Le territoire pourrait faire défaut dès vendredi sur une 
échéance de 1,9 milliard de dollars, a annoncé le gouverneur 
Alejandro Garcia Padilla. 
    De nombreux Portoricains redoutent que le plan d'urgence 
n'usurpe les droits souverains du gouvernement local et place 
les préoccupations des investisseurs au-dessus des priorités 
locales. 
    "C'est la meilleure et peut-être la seule action que nous 
pouvons entreprendre pour aider Porto Rico. Ne rien faire serait 
le plus sûr chemin vers un plan de sauvetage financier de Porto 
Rico qui serait financé par les contribuables et une crise 
humanitaire pour sa population", a plaidé Mitch McConnell, chef 
de file de la majorité républicaine au Sénat. 
    Dans les rangs démocrates, le sénateur Harry Reid a dit 
faire siennes certaines critiques portant sur les "pouvoirs 
excessifs" accordés à cette commission de contrôle. Mais il a 
voté pour le dispositif. "Sinon, nous livrons (les Portoricains) 
aux fonds spéculatifs qui les poursuivront en justice jusqu'à la 
mort", a-t-il expliqué. 
 
 (Susan Cornwell; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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