Le Sénat prône des règles durcies pour le diesel et l'essence

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    PARIS, 8 juin (Reuters) - Une commission spécialisée du 
Sénat a prôné mercredi un durcissement de la réglementation des 
émissions polluantes des moteurs diesel mais aussi des moteurs à 
essence de dernière génération. 
    Louis Nègre, président du groupe de travail "Mobilités et 
transports" de la commission de l'aménagement du territoire et 
du développement durable, préconise notamment d'encadrer 
davantage le recours aux dispositifs d'invalidation des systèmes 
de dépollution pour protéger les moteurs diesel. 
    "Les constructeurs ont aujourd'hui la possibilité de brider 
les systèmes de dépollution de leurs véhicules sur de larges 
plages de températures, ce qui réduit significativement leur 
efficacité en conditions réelles de conduite", explique le 
sénateur Les Républicains des Alpes-Maritimes dans un 
communiqué. 
    Dans le sillage de l'affaire du logiciel de trucage du 
système de dépollution de Volkswagen  VOWG_p.DE  à l'automne 
dernier, plusieurs autres constructeurs ont été montrés du doigt 
pour des dépassements importants, en conduite réelle, des 
émissions polluantes de voitures pourtant homologuées.  
    Renault  RENA.PA  a notamment réduit à 17°-35°C la plage de 
fonctionnement optimal de son système de traitement des oxydes 
d'azote (NOx), alors que chez PSA  PEUP.PA  par exemple, cette 
plage va de -10° à +55°. 
    "Le recours à des dispositifs d'invalidation (...) n'est pas 
assez encadré", poursuit Louis Nègre. 
    Renault a annoncé depuis un plan d'amélioration de ses 
moteurs diesel, qui entrera en vigueur pour les nouveaux modèles 
cet été et pourra s'appliquer aux véhicules en circulation cet 
automne. 
    Le groupe de travail du Sénat recommande aussi que les tests 
d'homologation mesurent également la proportion de dioxyde 
d'azote (NO2) parmi les NOx émis, puisque ce gaz est 
particulièrement néfaste pour la santé.  
    L'actuelle norme Euro 6 limite à 80 mg par kilomètre les 
émissions de NOx autorisées sur les véhicules diesel. 
    Mais le Sénat ne va pas jusqu'à demander une sortie rapide 
de cette technologie. "La technologie (diesel) en elle-même ne 
doit pas nécessairement être abandonnée, surtout qu'elle est sur 
le point d'atteindre une sorte de maturité, ce qui n'est pas le 
cas des derniers moteurs à essence à injection directe", 
poursuit Louis Nègre. 
    "Dans ce contexte, interdire tous les véhicules diesel en 
centre-ville, même les plus récents, comme certains le 
proposent, pourrait même s'avérer contre-productif, si cela 
conduit à les remplacer par des véhicules à moteurs à essence à 
injection directe", ajoute-t-il, prenant ainsi le contre-pied de 
grandes municipalités, notamment la ville de Paris, dans ce 
dossier. 
    Les nouveaux moteurs à essence, qui émettent davantage de 
particules que par le passé, devront ainsi être à leur tour  
équipés de filtres et leurs émissions de NOx devront aussi être 
mesurées en situation réelle de conduite, comme les véhicules 
diesel, poursuit le sénateur. 
    A plus long terme, la commission du Sénat pousse au 
développement des véhicules électriques - voitures mais aussi 
deux-roues - ou à hydrogène, seuls à même, selon elle, 
d'incarner une véritable économie décarbonée. Mais à condition 
que l'on tienne compte dans l'équation de l'origine de 
l'électricité utilisée et de l'épineuse question du recyclage 
des batteries. 
 
 (Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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