Le Sénat présente un plan de lutte contre le dopage

le
0
LE SÉNAT LIVRE SON RAPPORT SUR LA LUTTE CONTRE LE DOPAGE
LE SÉNAT LIVRE SON RAPPORT SUR LA LUTTE CONTRE LE DOPAGE

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - Le Sénat juge que le dopage en France concerne tous les sports, amateurs ou professionnels, mais aussi les activités sportives comme les salles de musculation, et formule 60 propositions pour renforcer la lutte contre ces pratiques.

Après cinq mois de travail, 86 auditions dont une douzaine à huis clos, une commission d'enquête sénatoriale a publié mercredi un rapport dont les conclusions étaient très attendues parce que censées donner une liste de sportifs coupables de dopage.

Le président de la commission, Jean-François Humbert, sénateur UMP du Doubs et le rapporteur, Jean-Jacques Lozach (PS, Creuse), ont démenti avoir établi une liste noire.

"Par souci de vérité, nous avons décidé collectivement de faire figurer non pas une liste de sportifs, mais des bordereaux de prélèvements des Tour de France 1998 et 1999", a déclaré Jean-Jacques Lozach lors d'une conférence de presse.

"Il ne s'agit que d'une pièce annexe parmi d'autres", a-t-il ajouté en précisant que cette publication n'entraînait "aucun risque de sanction" pour les coureurs cités.

Parmi eux figurent le Français Laurent Jalabert, les trois premiers du Tour 1998 l'Italien Marco Pantani, l'Allemand Jan Ullrich et l'Américain Bobby Julich, seulement selon la méthode dite "d'interprétation visuelle" dans le cas de ce dernier qui est récemment passé aux aveux comme Jan Ullrich.

Son également concernés l'Allemand Erik Zabel, maillot vert des Tours 1998 et 1999, le Belge Tom Steels, le Français Jacky Durand, l'Australien Stuart O'Grady ou l'Italien Mario Cipollini, et l'Américain Lance Armstrong.

Ces documents ont été fournis par le laboratoire national de détection du dopage de Châtenay-Malabry, près de Paris, à partir de tests effectués en 2004 après la découverte du moyen de détection de l'EPO.

Les membres de la commission s'en sont servis pour demander l'autorisation de contrôles rétrospectifs.

"SEPT PILIERS"

"Etant donné le niveau de performance de Chris Froome, le vainqueur du Tour de France 2013, il y a eu des doutes qui se sont exprimés, des suspicions qui ont été formulées", a dit Jean-Jacques Lozach.

"Au jour d'aujourd'hui, à la lumière notamment des contrôles mais également des preuves non objectives, non scientifiques, ces suspicions ne sont pas légitimes, ne sont pas justifiées", a-t-il ajouté.

"Qui sait si dans trois ans ou dans cinq ces doutes ne seront pas justifiés et légitimisés et par quoi? Eh bien par des contrôles rétrospectifs."

Les 60 propositions de la Commission, "adoptées à l'unanimité et finançables à coût constant", a souligné le rapporteur, s'orientent autour de "sept piliers: Connaître, prévenir, contrôler, analyser, sanctionner, pénaliser, coopérer".

Elle recommande que la politique de prévention jugée "trop peu dynamique et mal ciblée" soit confiée à l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et que soit établie "une politique de validation des calendriers sportifs par le ministère des sports notamment dans les sports collectifs".

Elle demande que "toute manifestation sportive se déroulant en France", le tournoi de tennis de Roland-Garros notamment, "soit considérée par défaut comme nationale" et "la nomination de huit responsables régionaux à temps plein pour remplacer les 24 actuels à tiers temps".

"Un élargissement du champ des substances recherchées dans le cadre des analyses" fait partie des recommandations.

La Commission souhaite que soit "transféré des Fédérations à l'AFLD le pouvoir de sanction des sportifs" et la mise en place d'un mécanisme de repentir.

Elle se prononce pour un renfort de la coopération entre l'AFLD, la police, la gendarmerie et les douanes.

Interrogée à la sortie du Conseil des ministres, la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, a déclaré qu'un "certain nombre de propositions (...) vont pouvoir trouver leur traduction dans la loi" qu'elle "prépare pour 2014".

Elle s'est dite favorable à ce que "le pouvoir de sanction ne soit plus entre les mains des fédérations sportives mais de l'agence de lutte contre le dopage".

"Ça fait des années que je dis que c'est indispensable", a-t-elle ajouté. "On ne peut pas être juge et partie".

Edité par Pascal Liétout et Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant