Le Sénat italien se prononce sur la déchéance de Berlusconi

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LE SORT DE SILVIO BERLUSCONI EN DISCUSSION AU SÉNAT ITALIEN
LE SORT DE SILVIO BERLUSCONI EN DISCUSSION AU SÉNAT ITALIEN

par James Mackenzie

ROME (Reuters) - Le Sénat italien a entamé mercredi le débat sur l'éviction de Silvio Berlusconi de son siège au palais Madame, à la suite de sa condamnation en août pour fraude fiscale dans l'affaire de son empire médiatique Mediaset.

Le vote, prévu vers 17h00, semble acquis car une majorité d'élus, notamment ceux du Parti démocrate (PD) d'Enrico Letta et du Mouvement 5 Etoiles (M5S) de Beppe Grillo, ont fait savoir qu'ils se prononceraient pour la déchéance du "Cavaliere", qui est au coeur de la vie politique italienne depuis près de vingt ans.

Selon une loi adoptée l'an dernier, les responsables politiques reconnus coupables de graves infractions pénales ne peuvent plus siéger au Parlement mais seul un vote du Sénat peut confirmer en pratique l'expulsion de Silvio Berlusconi.

A 77 ans, l'ancien président du Conseil n'a rien perdu de sa combativité et, dénonçant un "coup d'Etat" dont il serait victime, a promis de mobiliser tous ses moyens contre le gouvernement de "large entente" réunissant le PD et des dissidents du courant berlusconien, qui ont fondé le Nouveau Centre Droit (NCD) sous la direction du ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

Sur les ruines du Peuple de la liberté (PDL), Silvio Berlusconi a officiellement relancé ce mois-ci son parti Forza Italia, qu'il avait créé en 1994 en entrant en politique.

Mardi, Forza Italia a refusé de voter la confiance au gouvernement sur le projet de budget pour 2014 mais l'équipe d'Enrico Letta l'a tout de même emporté au Sénat par 171 voix contre 135, grâce aux élus du NCD.

Quand les sénateurs voteront sur l'exclusion de l'ancien chef du gouvernement, le "Cavaliere" devrait s'adresser à ses partisans rassemblés devant sa résidence romaine du palais Grazioli.

"CE N'EST QU'UN DÉBUT"

Cette manifestation prévue en fin d'après-midi "ne sera que le début" d'un grand mouvement de "défense de la démocratie", a prévenu cette semaine celui qui se dit victime de "juges rouges" et d'un complot politique.

Après avoir obtenu la confiance mardi, Enrio Letta a affirmé que son gouvernement avait gagné "en force et en cohésion" grâce à la clarification apportée par l'entrée de Forza Italia dans l'opposition ouverte.

Le parti de Berlusconi a accusé les autorités de tout faire pour empêcher ses partisans de venir manifester leur soutien au "Cavaliere" devant son palais romain. Des cars entiers auraient été bloqués par les forces de l'ordre à l'entrée de la ville et des banderoles confisquées.

"Berlusconi est victime de manoeuvres injustes et antidémocratiques", a déclaré Annagrazia Calabria, députée de Forza Italia. "Personne ne peut nier le soutien de millions et de millions d'Italiens, de tous ses partisans qui croient encore en lui et sont restés à ses côtés."

Dimanche, le président de la République, Giorgio Napolitano, a déclaré qu'il ne pouvait gracier Silvio Berlusconi et l'a exhorté à maintenir ses protestations dans les limites de la loi.

Dans un communiqué, le Quirinal a précisé que l'ancien chef du gouvernement s'est conduit d'une telle manière que le président ne peut pas lui accorder sa grâce, d'autant que le chef de file du centre droit a exprimé en plusieurs occasions "des jugements et des intentions d'une extrême gravité".

Dans ce contexte, le président Napolitano a demandé à Silvio Berlusconi "de ne pas mener de contestation au-delà des limites qu'impose le respect des institutions et de la loi".

Avec Naomi O'Leary, Eleanor Biles et Catherine Hornby; Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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