Le Sénat italien fait progresser la réforme électorale de Renzi

le
0

ROME, 21 janvier (Reuters) - Les sénateurs italiens ont voté mercredi un amendement au projet de nouvelle loi électorale qui pourrait permettre au président du Conseil, Matteo Renzi, de faire adopter la semaine prochaine par la chambre haute l'une de ses principales réformes. Matteo Renzi et Silvio Berlusconi, pilier de l'opposition de droite, ont conclu l'an dernier un accord pour promouvoir des réformes du code électoral et de la constitution afin de favoriser la formation de majorités et de gouvernements stables, l'un des points faibles du système politique italien. Mais cet accord est vivement contesté par une partie de chacun des deux camps. L'amendement regroupant les principaux éléments de la réforme a été adopté au Sénat par 175 voix contre 110, des élus de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, ayant joint leurs voix à celles du Parti démocrate (PD) de Renzi. "Le fait que cela se soit produit avec les voix de Forza Italia est à mon avis très positif", a dit Matteo Renzi à la chaîne de télévision SkyTG24 lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Un sénateur Forza Italia opposé à l'accord Renzi-Berlusconi, Cinzia Bonfrisco, a au contraire jugé que le vote de mercredi équivalait à un "suicide" de son parti. Le projet de réforme prévoit d'accorder une prime de majorité au parti arrivé en tête aux élections législatives dans chaque circonscription, à condition qu'il réunisse plus de 40% des voix. Si aucun parti n'obtient 40% au premier tour, un second tour opposera les deux candidats arrivés en tête. Le seuil de représentation d'un parti au Parlement sera fixé à 3% au niveau national. Le système actuel est accusé d'aboutir très régulièrement à la formation de coalitions instables et d'accorder à des petits partis une influence sans commune mesure avec leur poids réel dans les urnes. Ce système a abouti en 2013 au blocage des institutions, le succès du Mouvement 5-Etoiles empêchant toute coalition majoritaire. Le vote définitif du Sénat sur la loi électorale devrait avoir lieu la semaine prochaine. S'il est adopté, le texte sera ensuite soumis à la Chambre des députés. Le vote sera d'autant plus suivi que le premier tour de l'élection présidentielle (au scrutin indirect) est lui aussi prévu la semaine prochaine. Or, pour faire élire un successeur à Giorgio Napolitano, démissionnaire, Matteo Renzi doit en effet réunir une marge majorité, bien au-delà de son camp. (Roberto Landucci, Steve Scherer et Gavin Jones, Marc Angrand pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant