Le Sénat brésilien destitue Dilma Rousseff

le , mis à jour à 20:37
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 (Actualisé avec appel, contexte) 
    BRASILIA, 31 août (Reuters) - Le Sénat brésilien a voté 
mercredi en faveur de la destitution de la présidente Dilma 
Rousseff, qui est ainsi démise de ses fonctions. 
    Son avocat José Eduardo Cardozo a toutefois annoncé qu'elle 
ferait appel de ce jugement devant la Cour suprême.  
    Après six jours de procès, les sénateurs, qui se sont 
prononcés par 61 voix contre 20, ont jugé Dilma Rousseff 
coupable d'avoir violé les règles budgétaires. Il fallait une 
majorité des deux-tiers, soit 54 voix, pour que la destitution 
soit effective.  
    Les élus se sont en revanche prononcés contre l'interdiction 
d'exercer pendant huit ans dans la fonction publique.  
    Le vice-président Michel Temer, qui assure l'intérim à la 
tête de l'Etat depuis la suspension de Dilma Rousseff en mai, va 
terminer son mandat, qui s'achève en 2018. Il doit prêter 
serment à 19h00 GMT. 
    Accusée d'avoir engagé des dépenses sans l'approbation du 
Congrès et d'avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler 
l'ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne de 2014, 
Dilma Rousseff nie toute malversation et dénonce une 
"conspiration" visant à préserver les intérêts des plus riches. 
    Elle a comparé lundi les sénateurs aux officiers de la junte 
militaire qui l'ont jugée dans les années 1970 à visage masqué. 
  
    Pour ses détracteurs, sa destitution marque la fin d'une 
longue crise politique, à laquelle s'ajoutent une crise 
économique sans précédent depuis plusieurs générations et le 
vaste scandale de corruption autour de compagnie pétrolière 
publique Petrobras.  
    A Brasilia, l'événement a donné lieu à un concert de klaxons 
et des feux d'artifice ont été tirés dans le ciel de Sao Paulo.  
    Michel Temer s'est engagé à relancer une croissance en 
déclin depuis un an et demi et à combler le déficit budgétaire 
record à coup de mesures d'austérité. 
    Il va toutefois se heurter à l'hostilité du Parti des 
travailleurs, qui a appelé ses partisans à manifester.   
 
 (Maria Carolina Marcello; Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief 
pour le service français) 
 
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