Le secteur financier peine à se réconcilier avec l'éthique

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(NEWSManagers.com) - La notion d'éthique dans l'industrie financière laisse plutôt à désirer, selon une étude publiée par un cabinet d'avocats spécialisé dans la défense des lanceurs d'alerte alors que plusieurs banques viennent d'être condamnées à quelque six milliards de dollars d'amendes pour avoir manipulé le marché des changes.

Selon cette étude, réalisée par le cabinet d'avocats Labaton Sucharow en collaboration avec l'université de Notre Dame (Indiana) (" The Street, The Bull and The Crisis" ), un tiers des employés du secteur qui font partie des salariés les mieux payés ont été témoins directs d'actes délictueux.

Environ un quart de ceux qui gagnent plus de 500.000 dollars par an reconnaissent aussi avoir subi des pressions pour accomplir des opérations contraires à l'éthique, selon cette étude réalisée auprès de 1.200 employés du secteur aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Parmi les autres résultats, 23% d'entre eux pensent que leurs collègues se sont livrés à de tels comportements pour se faire bien voir ou obtenir un avantage, soit plus du double de ce qu'une étude précédente réalisée en 2012 avait révélé et près de la moitié (47%) pensent que les firmes concurrentes trichent.

Autrement dit, les efforts engagés pour modifier les pratiques du secteur financier des deux côtés de l'Atlantique ne semblent pas avoir fondamentalement changé la donne. " Le plus décevant est de constater le peu d'évolution sur de très nombreux points par rapport aux enquêtes des années précédentes. Malgré des efforts significatifs, il semble que nous devrions continuer à réfléchir aux moyens d'améliorer la culture de l'éthique dans le secteur des services financiers, et très probablement dans d'autres secteurs également" , estiment Ann Tenbrunsel, co-auteure du rapport, et David Gallo, professeur d'éthique des affaires à l'université de Notre Dame, cités dans un communiqué.

L'étude relève que, malgré les efforts engagés par les autorités pour identifier et sanctionner les tentatives d'intimidation du personnel, 16% des personnes interrogées indiquent que les procédures et les politiques de confidentialité de leur entreprise interdisent de rendre compte des activités qui semblent contraires à l'éthique ou à la loi. Et un sondé sur un dix a été sollicité ou a signé un accord de confidentialité qui intègre une interdiction spécifique de rendre compte d'activités apparemment contraires à l'éthique ou à la loi.

Signe encourageant toutefois, les participants à l'étude sont plus de 60% à estimer que leurs autorités respectives ont été relativement efficaces dans leurs efforts pour faire respecter la loi. Et 89% des professionnels de la finance indiquent qu'ils sont prêts à communiquer les comportements suspects aux autorités compétentes moyennant une protection et des mesures incitatives à l'instar du dispositif mis en place par la SEC, le Whistleblower Program. Mais 37% des sondés ont indiqué ne pas avoir connaissance de ce dispositif...

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