Le secteur européen de l'acier peine à trouver des financements

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LE SECTEUR EUROPÉEN DE L'ACIER PEINE À TROUVER DES FINANCEMENTS
LE SECTEUR EUROPÉEN DE L'ACIER PEINE À TROUVER DES FINANCEMENTS

LONDRES (Reuters) - Confronté à une demande d'acier déclinante dans l'Union européenne (UE), sidérurgistes et sociétés de négoce peinent de plus en plus à convaincre les banques de les financer, les poussant à trouver d'autres sources de financement.

Les mesures d'austérité prises à travers le Vieux Continent pèsent sur le bâtiment et l'industrie, ce qui freine considérablement la demande d'acier.

Stemcor, premier négociant mondial indépendant, cherche par exemple à obtenir un moratoire auprès de banques qui lui ont accordé un prêt de 850 millions de dollars (660 millions d'euros) que le groupe ne parvient pas à refinancer.

D'autres négociants moins importants comme Balli et Carbofer ont fait faillite, tandis que le manque de financements commence également à affecter certains producteurs comme l'espagnol Celsa et l'ukrainien Industrial Union of Donbass, qui ont engagé des restructurations à un niveau plus ou moins avancé.

"Le principal problème du secteur de l'acier va être celui du financement au cours des prochaines années", explique Massimo Bolfo, président du négociant Trasteel. "Les banques essaient de réduire leur exposition (...) quand elles ne se retirent pas entièrement."

"Elles nous ont clairement dit qu'elles apprécient toujours les métaux et les matières premières, mais que l'acier n'est plus attrayant."

Certains groupes cherchent à se maintenir à flot en tentant d'augmenter leurs fond propres, au risque de déplaire à leurs actionnaires qui voient leurs participations se diluer.

D'autres empruntent auprès de compagnies d'assurances pour réduire leur risque crédit ou sollicitent directement des prêts auprès de fonds, même si leurs frais sont bien plus élevés que ceux pratiqués par les banques.

L'affacturage devient également une option de financement très populaire.

Les problèmes de financement ne touchent pas que les PME mais aussi les grands noms de l'acier.

L'indien Tata Steel, deuxième producteur en Europe, a ainsi enregistré cette semaine une dépréciation d'actifs de 1,6 milliard de dollars liée à l'Europe.

Silvia Antonioli et Tessa Walsh; Julien Dury pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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