Le secteur automobile sur la défensive face à Trump

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    par Paul Lienert et Meredith Davis 
    9 novembre (Reuters) - L'élection de Donald Trump à la 
présidence des Etats-Unis représente un nouveau motif 
d'inquiétude pour les constructeurs automobiles et les groupes 
industriels devenus dépendants des accords commerciaux avec le 
Mexique, avec le risque qu'ils soient confrontés à l'avenir à 
des coûts plus élevés. 
    Les constructeurs pourraient aussi pâtir de la dégradation 
de la confiance des consommateurs aux États-Unis et sur d'autres 
grands marchés si les marchés financiers venaient à tanguer au 
moment où la croissance des ventes automobiles aux États-Unis 
marque le pas. 
    En Bourse, les actions des constructeurs automobiles ont 
dévissé mercredi en réaction à la victoire de Donald Trump.  
    A Tokyo, Toyota Motor  7203.T , Nissan Motor  7201.T  et 
Honda Motor  7267.T  ont abandonné plus de 6%.   
    En Europe, Renault  RENA.PA  a perdu plus de 3%, tandis que 
les constructeurs allemands Volkswagen  VOWG_p.DE , Daimler 
 DAIGn.DE  et BMW  BMWG.DE  ont reflué de plus de 2%. 
  
    A Wall Street, Ford  F.N , General Motors  GM.N  et Fiat 
Chrysler  FCAU.N  ont chuté de plus 3% à l'ouverture. 
  
    Pendant la campagne, Donald Trump a promis de remettre en 
cause des traités commerciaux comme l'Accord de libre échange 
nord-américain (Alena) signé en 1994. Le candidat républicain 
s'en est également pris aux constructeurs automobiles, Ford en 
tête, qui ont délocalisé leur production au Mexique et menacé de 
les contraindre à produire davantage sur le sol américain, en 
augmentant éventuellement les barrières douanières. 
    Christin Baker, porte-parole de Ford, a dit avoir hâte de 
travailler avec le président élu. "Nous sommes d'accord avec M. 
Trump sur la nécessité d'unir le pays, et nous avons hâte de 
travailler ensemble pour stimuler la croissance et l'emploi", 
a-t-elle déclaré. 
    General Motors a également exprimé son impatience de 
travailler avec Donald Trump sur des politiques permettant à 
l'industrie américaine d'être "forte et compétitive". 
    La fédération allemande du secteur, la VDA, a en revanche 
dit redouter un regain de protectionnisme. "Il est à craindre 
que les États-Unis sous un nouveau président, tout comme la 
Chine, se concentrent principalement sur leur propre économie au 
détriment des traités commerciaux internationaux", a-t-elle 
réagi. 
     
    BARRIÈRES DOUANIÈRES 
    Charles Chesbrough, économiste de l'OESA (Original Equipment 
Suppliers Association), un groupement d'équipementiers 
automobiles à Detroit, affirme que la mise en oeuvre du 
programme de Donald Trump obligera les consommateurs américains 
à payer leur véhicule plus cher.  
    "Cette politique pourrait grever de 5.000 dollars (4.540 
euros) le prix d'une petite voiture en provenance du Mexique", 
a-t-il calculé. 
    Les groupes industriels américains tels que Ford, General 
Motors, Caterpillar  CAT.N  et nombre de leurs fournisseurs ont 
investi des milliards de dollars en profitant des traités 
commerciaux avec le Mexique, la Chine et d'autres pays. 
    Ford a annoncé cette année le transfert de la production de 
ses petits modèles de son site de Michigan vers le Mexique et un 
investissement de 1,6 milliard de dollars dans le pays. Son 
concurrent GM avait annoncé en 2014 un investissement de cinq 
milliards de dollars au Mexique sur quatre ans pour y créer 
5.600 emplois.   
    En juin, BMW a ouvert une usine à San Luis Potosi, au 
Mexique, en s'engageant à y investir 2,2 milliards de dollars 
d'ici 2019 pour une production annuelle de 150.000 voitures. 
    Trois mois plus tard, la division Audi de VW a inauguré une 
installation de 1,3 milliard de dollars de la même capacité près 
de Puebla, au Mexique.  
    D'ici à 2020, le Mexique aura la capacité de fournir un 
quart de tous les véhicules vendus aux États-Unis, selon le 
cabinet d'études IHS Automotive, contre un sixième en 2012. 
    Entre 1994 et 2013, les emplois dans les usines automobiles 
aux États-Unis ont diminué d'un tiers tandis que les emplois au 
Mexique ont presque quintuplé au cours de la même période. 
    Le Mexique représente à présent 20% de toute la production 
de véhicules en Amérique du Nord et a attiré plus de 24 
milliards de dollars en investissement automobile depuis 2010, 
selon l'association Center for Automotive Research basée à Ann 
Arbor, dans le Michigan.  
    Selon les plans d'investissement actuels, la capacité de 
production automobile du Mexique augmentera de 50% au cours des 
cinq prochaines années, estime l'association, qui est financée 
par l'industrie automobile. 
    "Le démantèlement de l'Alena à ce stade serait assez 
difficile à réaliser", estime Kristin Dziczek, directrice pour  
l'industrie, le travail et l'économie dans cette association. 
 
 (Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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