Le secteur automobile japonais tire la sonnette d'alarme

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TOKYO (Reuters) - La fédération japonaise des constructeurs automobiles JAMA estime qu'un "sentiment de crise" pèse sur le secteur, la faiblesse inattendue des ventes sur le marché intérieur traduisant selon elle l'échec des politiques de relance du gouvernement de Shinzo Abe.

Selon le président de JAMA, Fumihiko Ike, la hausse de la TVA en avril n'est que partiellement responsable de la faiblesse des ventes sur le marché intérieur. Il considère donc que le gouvernement a échoué à stimuler la consommation.

"Nous assistons à une faiblesse persistante des ventes de voitures neuves sur le marché domestique qui va au-delà de l'augmentation de la TVA en avril", a-t-il dit jeudi, ajoutant que les nouvelles immatriculations ont reculé de deux chiffres après la hausse des taxes.

Toyota et Honda ont tous deux réduit leurs objectifs de ventes de véhicules au Japon au moment de la publication de leurs résultats, respectivement en novembre et en octobre.

Fumihiko Ike, qui fut président de Honda, a ajouté que la politique économique du Premier ministre, connue sous le nom d'Abenomics et censée mettre fin à des années de déflation, n'avait pas réussi à relancer les dépenses de consommation sur les produits chers comme les voitures.

"Les Abenomics n'ont pas un effet d'entraînement clair dans le pays et même si dans le secteur de l'industrie nous bénéficions de l'affaiblissement du yen, nous sentons un sentiment de crise en raison du fait que les voitures ne se vendent pas vraiment", a-t-il déclaré.

Selon le président de la JAMA, la chute des devises des marchés émergents a également un impact "indéniable" sur le secteur automobile au Japon.

Les constructeurs pourraient être durement touchés par l'érosion du pouvoir d'achat des consommateurs dans les principaux marchés émergents, tels que la Russie, où le rouble a perdu jusqu'à 20% de sa valeur cette semaine face au dollar. La monnaie russe est même en repli de 50% par rapport au billet vert depuis le début de l'année.

Fumihiko Ike a également dit que les constructeurs automobiles réfléchissaient au remplacement des airbags de l'équipementier nippon Takata au coeur d'un scandale après le décès de cinq personnes aux Etats-Unis et en Malaisie.

Plus de 20 millions de véhicules ont été rappelés depuis 2008 à travers le monde afin de remplacer les actionneurs d'airbags Takata, susceptibles d'exploser et de projeter des pièces métalliques dans l'habitacle.

(Maki Shiraki, avec Mari Saito, Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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