Le scandale Volkswagen, "partie émergée de l'iceberg"-T&E

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par Barbara Lewis BRUXELLES, 28 septembre (Reuters) - Les nouveaux modèles de voitures des constructeurs automobiles européens rejettent en moyenne 40% de plus de dioxyde de carbone que ne le montrent les tests en laboratoire, affirme lundi une organisation environnementale, en jugeant que le scandale Volkswagen VOWG_p.DE n'est que "la partie émergée de l'iceberg". Premier constructeur européen, Volkswagen VOWG_p.DE a reconnu avoir équipé 11 millions de ses véhicules d'un logiciel permettant de dissimuler le véritable niveau d'émissions polluantes de ses moteurs diesel. ID:nL5N11T22K Ce scandale ébranle l'ensemble du secteur automobile européen, dont l'indice .SXAP perdait encore plus de 3% lundi sur les marchés boursiers en Europe. L'ONG Transport & Environment (T&E), influente auprès de la Commission européenne, souligne que ses propres études ne prouvent pas l'utilisation de tels logiciels de dissimulation de la part des autres constructeurs. Elle relève toutefois que l'écart entre les émissions de dioxyde de carbone et d'oxydes d'azote mesurées lors des tests en laboratoire et celles constatées lors d'une utilisation sur route s'est accru dans de telles proportions qu'une enquête plus approfondie est nécessaire sur les pratiques des constructeurs. Son étude conclut que certains modèles de Mercedes DAIGn.DE , BMW BMWG.DE et Peugeot PEUP.PA consomment environ 50% de plus de carburant que ne l'affirment les constructeurs. Par ricochet, les émissions polluantes sont donc nécessairement aussi plus élevées. Aux yeux de cette ONG, la différence constatée de consommation de carburant est trop importante pour pouvoir être uniquement expliquée par les pratiques tolérées de longue date lors des tests en laboratoire, comme le fait de calfeutrer les portes afin de réduire la résistance à l'air ou de rouler sur des surfaces favorables à l'aide de pneus spéciaux. COÛT DE 450 EUROS PAR AN POUR L'AUTOMOBILISTE L'analyse de T&E, qui s'emploie depuis des années à mettre en lumière les écarts entre niveaux officiels et réels de pollution automobile, se fonde sur un travail mené conjointement avec l'International Council on Clean Transportation (ICCT), qui a contribué à la révélation du scandale Volkswagen aux Etats-Unis. Ces travaux ont permis d'établir que, concernant le dioxyde de carbone, l'écart entre les émissions en laboratoire et les émissions réelles était passé de 8% en 2001 à 40% en moyenne en 2014 pour les véhicules européens. La différence est encore plus importante sur certains modèles. Elle est ainsi de 48% en moyenne sur les véhicules Mercedes et même de plus de 50% pour les nouvelles classes A, C et E de la marque allemande, qui appartient à Daimler. "Le scandale Volkswagen n'est que la partie émergée de l'iceberg", affirme Greg Archer, responsable des véhicules propres au sein de T&E. Selon lui, le coût pour l'automobiliste moyen est de 450 euros par an en raison de cet écart sur les émissions de dioxyde de carbone. Seul le japonais Toyota 7203.T aurait respecté la norme européenne en vigueur en 2015 de 130 grammes d'émissions de CO2 par kilomètre parcouru sans avoir recours aux artifices des tests en laboratoire, précise T&E. Pour l'association des constructeurs automobiles européens (ACEA), rien ne permet d'affirmer que l'utilisation de logiciels de dissimulation, interdits par l'UE, est un problème concernant l'ensemble du secteur. Dans un communiqué publié lundi, elle se dit favorable à une réforme des tests en laboratoire. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)


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