Le saut dans le vide de Mishima

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Yukio Mishima, le front ceint d'un hashimaki au balcon du quartier général de l'armée à tokyo le 25 novembre 1970.
Yukio Mishima, le front ceint d'un hashimaki au balcon du quartier général de l'armée à tokyo le 25 novembre 1970.

Après ma mort (1/6). L’écrivain japonais mit fin à ses jours après avoir achevé « L’Ange en décomposition », quatrième volet de son testament littéraire.

Yukio Mishima, qui a brûlé son journal intime la veille de sa mort, n’a laissé aucune consigne pour que son dernier manuscrit soit lu après sa disparition puisqu’il a agi pour qu’il ne puisse en être autrement. Dans la matinée du 25 novembre 1970, l’écrivain quitte son domicile tokyoïte, en ayant pris soin de laisser sous enveloppe L’Ange en décomposition, quatrième volet de son testament littéraire, La Mer de la fertilité (Gallimard, « Quarto », 1 536 p., 2004), commencé cinq ans plus tôt.

Cet homme de loyauté a respecté la date limite de remise de la copie fixée avec son éditeur. Ne lui reste plus qu’à couronner sa production – une quarantaine de romans, du théâtre, des nouvelles et des essais à foison. Car, comme l’écrit Marguerite Yourcenar dans Mishima ou La vision du vide (Gallimard, « Folio », 1980), « la mort si préméditée de Mishima est l’une de ses œuvres ».

Sur son bureau, il a laissé un mot faussement paradoxal : « La vie humaine est brève, mais je voudrais vivre toujours. » La sienne s’achève peu après midi à l’âge de 45 ans.

Une heure plus tôt, il s’est présenté au quartier général des Forces japonaises d’autodéfense, avec quatre membres du Tatenokai (Société du bouclier), sa milice dévouée à l’empereur. Le groupe prend alors un général en otage dans son bureau et, sous la menace, obtient le rassemblement de la troupe.

Du balcon, Mishima, le front ceint d’un hashimaki, le bandeau symbolisant le courage et la détermination que portaient les kamikazes, l’incit...

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