" Le RSI est réservé sur l'ISR"

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(NEWSManagers.com) - Jean-Luc Vitré, directeur des placements financiers, Régime Social des Indépendants (RSI)
Médiatiquement discret jusqu'à présent, le RSI (Régime Social des Indépendants) a commencé tout récemment à communiquer sur sa stratégie en matière de placements, l'occasion pour Newsmanagers d'interroger son CIO sur la méthodologie adoptée. Le RSI vient d'obtenir la certification ISO 9001 pour l'intégralité de son processus d'investissement.

Newsmanagers : Quels sont vos encours actuels et comment se répartissent-ils ?

Jean-Luc Vitré : Nous nous situons à environ 11 milliards d'euros, dont 40 % gérés en direct et 60 % délégués dans 33 fonds, dont 11 ouverts et 22 dédiés.

NM : Pourquoi cette prédilection pour les fonds dédiés ?

J.-L. V : Nous privilégions ce type de support parce que cela nous permet de transposer notre règlement au niveau des fonds en tenant compte du décret d'octobre 2002 du Code de la Sécurité Sociale et de notre règlement financier. Ainsi, nous pouvons vraiment nous caler sur nos impératifs et il n'y a plus de problème quand en raisonne, après, en transparence.


NM : Quelles classes d'actifs gérez-vous en direct ?

J.-L. V : Nous avons de l'immobilier physique qui représente 11 % de notre encours. Et nous avons également en portefeuille de l'obligataire direct, en titre vifs. Guidés par l' approche de la gestion actif /passif, nous achetons les titres et les portons jusqu'à échéance.

NM : Vous avez exprimé récemment quelques réserves sur la pertinence de l'investissement socialement responsable (ISR). Pourquoi ?

J.- L. V. : J'ai l'impression que l'ISR est avant tout une préoccupation pour les particuliers. J'ai quelque mal à discerner la pertinence de l'application de critères extra-financiers à la sélection de fonds. De multiples études ont tenté de déterminer l' apport financier que pouvait avoir cette approche sans jamais arriver à conclure. L'effet apparaît comme neutre, et la gestion ISR est un argument fortement marketing.

NM : Vous indiquez également qu'en la matière l'exemplarité des gestionnaires est perfectible...

J. - L. V. : Effectivement. A ma connaissance, aucune société de gestion ne s'applique le questionnaire qu'elle envoie aux sociétés qu' elle note. Et puis, il faudrait répondre à la question de savoir ce qu'est vraiment l'ISR. Pourquoi, par exemple, les maisons suisses excluent-elle les firmes exploitant des centrales nucléaires alors que leurs homologues belges ne les excluent pas ? Cela dit, des éléments de gouvernance pourraient être utiles pour détecter les possibilités de " mort subite" (faillites,...), mais personne n'est à l'abri de menées criminelles, comme l'a montré l'affaire Parmalat.

NM : Votre jugement sur l'ISR est donc globalement négatif ?

J.-L. V. : Non, ne serait-ce que dans la mesure où un régime de retraite complémentaire assume, de part son existence, une fonction sociale.


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